Le 28 juillet 1821, le Pérou s’émancipe de la tutelle coloniale espagnole

Chaque jour de l’été, «Le Temps» se plonge dans ses archives pour évoquer un événement historique marquant. Il y a pas loin de deux siècles, un général rebelle s’emparait de Lima…

source : letemps.ch

Il y a 196 ans au Pérou, le processus d’indépendance prend son élan avec le soulèvement des propriétaires terriens d’origine espagnole. José de San Martin, le libertador, et Simon Bolivar – dont se réclame encore aujourd’hui le pouvoir en place au Venezuela – sont à la tête de la rébellion. Le premier s’empare de la capitale et déclare l’indépendance le 28 juillet 1821.

José de San Martin.(Fr.wikipedia.org)
Simon Bolivar. (Arturo Michelena (1863-1898)/Galería de Arte Nacional/Fr.wikipedia.org)
A une vitesse toute relative, la Gazette de Lausanne relaie les événements le 11 décembre: «C’en est fait, à ce qu’il parait, des colonies […] de l’Espagne. La prise de Lima par l’armée républicaine, sous les ordres du général San Martin, est pleinement confirmée», alors que «le faible reste de l’armée royale s’est sauvé dans les montagnes». La proclamation d’indépendance «aux habitans de Lima leur promet tous les bienfaits de la liberté» et «quarante jours suffiront pour balayer tout ce qui reste encore d’ennemis».

 

Les «détails intéressans»

Sept jours plus tard, la Gazette écrit que cette victoire «décidera, sans aucun doute, du destin de toute la côte occidentale de l’Amérique». Elle donne alors la parole à «un voyageur revenu de ces contrées» qui lui fournit «plusieurs détails intéressans», comme sur la démographie de la capitale: «60 mille âmes», avec «dix à douze mille espagnols», le reste se composant «d’indiens, de nègres et de métis».

Letempsarchives.ch

Dans ces lignes surannées, on découvre le climat de ce pays, qui «est un printems continuel» au cours duquel «toute espèce d’arbre à fruit prospère». «Il n’y pleut jamais», là-bas, «et la dernière fois qu’il a tonné, tous les habitans se sont sauvés dans la campagne, croyant que le dernier jour était arrivé». Mais le fléau le plus «terrible», ce sont «les tremblemens de terre», qui «ont produit des ravages affreux»: «Les grandes commotions n’ont ordinairement lieu que tous les vingt ans; mais les secousses légères sont aussi communes à Lima que les pluyes dans ma patrie.»

Les hommes… et les femmes

Vues d’Occident, «la douceur du climat et la richesse du sol» font que la population a perdu «toute énergie»: «Les espagnols fument leurs cigares et ne font d’efforts que pour maintenir les autres dans la soumission.» Quant aux femmes péruviennes, dit encore le «voyageur», elles sont «agréables», quoique sans «traits bien réguliers». Elles ont aussi «de beaux yeux noirs et le teint animé; elles se marient à 12 ou 13 ans; à 25, elles sont vieilles et laides»…

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