500 pièces archéologiques et artistiques rapatriées, elles sont exposées au ministère des Affaires étrangères

Récupérer un patrimoine culturel disséminé, tel est l’objectif avoué du gouvernement péruvien, qui depuis plusieurs années, traque des pièces archéologiques et artistiques sorties illégalement du territoire afin de les rapatrier sur le sol national.
source : actulatino

par Aline Timbert

Et cette politique de réappropriation fonctionne puisqu’en ce mois de mars ce sont environ 500 pièces archéologiques et artistiques, récupérées au cours des derniers mois en Argentine, aux États-Unis, au Mexique et au Royaume-Uni (qui étaient entre les mains de collections privées ou sur le marché noir) qui ont été dévoilées par les autorités péruviennes. Parmi les pièces restituées, on peut citer des peintures remarquables de l’époque coloniale, représentatives de l’école picturale de Cuzco, comme le « Sacrifice de Caïn et Abel » et « Le Déluge » de la série intitulée « La création du monde et le déluge universel », des œuvres dérobées dans la ville andine de Hualahoyo dans la région centrale de Junín.

Les peintures en question ont été ainsi livrées volontairement au consulat du Pérou à New York par son propriétaire, Tracey Willfong.

De nombreuses autres pièces et objets appartenant à différentes civilisations pré-hispaniques de l’ancien Pérou, comme la culture Inca, Nasca, Chimu, ou encore celle de Lambayeque, entre autres, ont pu également être rapatriés.

Les biens culturels ont été récupérés grâce aux efforts des missions diplomatiques péruviennes en Argentine, au Mexique, au Royaume-Uni ou encore au consulat général du Pérou à New York.

Lors de la présentation des objets, le ministre de la Culture péruvien, Alejandro Neyra , a déclaré que parmi ces pièces archéologiques, certaines avaient été prélevées sur le célèbre site inca de Machu Picchu, avant d’être remises à l’État possesseur par l’Université de Yale (États unis) il y a sept ans.

Après la découverte de la cité perdue des Andes, le Machu Picchu (un sanctuaire d’origine incasique, construit dans les montagnes de Vilcabamba) en 1910 par un aventurier et chercheur de l’université de Yale, Hiram Bingham, un grand volume d’objets archéologiques, parmi lesquels des céramiques ou divers artefacts, ont été dirigés vers l’université temporairement (un prêt à l’origine) afin d’être étudiés. Aucune coordination concernant la restitution des œuvres n’ayant été mise en place officiellement avant l’année 2010, ces pièces étaient restées aux États-Unis. À son arrivée au pouvoir, Juan Ossio, archéologue et philosophe, devenu ministre de la Culture, s’est emparé du dossier pour mettre en place les modalités de cette restitution patrimoniale.

Les pièces récupérées seront conservées et exposées au Ministère de la Culture et au Musée national d’archéologie qui a été construit à côté de l’ancien sanctuaire de Pachacamac, l’une des principales divinités de l’Ancien Pérou connue comme le dieu des tremblements de terre.

Le ministre de la Culture, Alejandro Neyra, a déclaré lors de la présentation officielle ce 9 mars des pièces au Salon des Ambassadeurs de Torre Tagle, qu’une bonne coordination avec le ministère des Affaires étrangères, permet annuellement la récupération des biens du patrimoine national. En outre, il a informé que ces témoignages du passé seront exposés au Musée National d’Archéologie (MUNA).

« L’important c’est que, si les pièces sont sorties illégalement, elles peuvent être renvoyées dans leur pays d’origine, parce que vous avez, selon la loi, le droit de récupérer les actifs », a déclaré Susana Corbacho, responsable de la Direction générale des Affaires culturelles du MRE (Ministère des Affaires étrangères)

La fonctionnaire a par ailleurs déclaré que « les ambassades du Pérou, comme les gouvernements d’où sont extraits ces objets, agissent ensemble, de manière ordonnée, pour les ramener sur leur lieu d’origine, c’est-à-dire au Pérou ».

La titulaire du ministère des Affaires étrangères, Cayetana Aljovín, a été chargée de remettre le patrimoine récupéré à son collègue du ministère de la Culture, Alejandro Neyra, lors de cette récente cérémonie tenue au siège du ministère des Affaires étrangères à Lima.

 

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