Amérique latine : l’Indiana Jones français et le « trésor maudit »

AMAZONAL’archéologue Thierry Jamin consacre sa vie à la recherche de Païtiti, cité inca perdue. Une aventure qui dure depuis quinze et qui n’est pas sans danger.

source : lepoint.fr

Thierry Jamin n’imaginait pas la place que cette terre promise prendrait dans sa vie. Quinze ans que l’aventurier sillonne la forêt amazonienne à la recherche de Païtiti. De ce pays mystérieux, ultime refuge des Incas persécutés par les conquistadors, on ne se sait pas grand-chose. Les Incas n’écrivaient pas, du moins on l’ignore, leur origine est discutée et, s’ils ont eu la bonne idée de disparaître dans une citadelle d’or perdue dans la jungle, ils ont oublié de nous dire où elle se trouvait. Bercé par les aventures de Tintin, Thierry Jamin s’est jeté dans l’aventure, intrigué par les mystérieux clichés satellites réalisés au Pérou dans les années 80, révélant d’incroyables pyramides de pierre.

Homme de terrain, l’Indiana Jones français met alors sur pied des campagnes de recherches sur les chemins de l’Inca, labyrinthe de sentiers empierrés, englués dans des jungles épaisses tantôt chaudes et étouffantes, tantôt humides et froides, territoire des populations « non contactées » et où beaucoup de braves ont succombé. La nature retentit de leurs pas, de leurs coupe-coupe, du bruissement des insectes, de leurs descentes héroïques dans la boue grasse et glissante, de leur souffle qui commence à devenir laborieux. L’aventurier est à l’affût du moindre indice, et ce n’est pas ce qui manque. Le Pérou est couvert de villes enfouies sous l’immensité oppressante de la canopée. « Il y a des cités complètes, avec des rues, des places, des édifices. Les paysans cultivent à l’intérieur des ruines et font la cuisine dans des récipients vieux de plusieurs siècles ! » explique Thierry Jamin.

Ses recherches sur les pétroglyphes de Pusharo marquent un tournant. Certaines figures apparaissent puis disparaissent comme par magie à des moments bien précis de la journée. Il en va ainsi de trois soleils : un soleil levant, un soleil au zénith et un soleil couchant. L’archéologue est quasi certain qu’il s’agit d’une carte géographique codée, imaginée par les Incas pour les guider à travers la forêt, jusqu’à une destination encore inconnue : Païtiti ? « Plusieurs natifs de la forêt nous ont encore confirmé la présence de ruines monumentales au sommet de la montagne carrée. Mais, pour y parvenir, nous devons prendre un hélicoptère. »

Pilleurs de tombes

Le mirage d’une contrée fabuleusement riche en or a alimenté pendant près de quatre siècles une sanglante course au trésor. La légende de Païtiti-Eldorado est étroitement liée au « maudit trésor » de l’empereur Atahualpa. « C’est d’ailleurs tout son drame, déplore Jamin. Ce mythe nous a valu bien des ennuis de la part des huaqueros – pilleurs de tombes – et des narcotrafiquants. On a plusieurs fois cherché à attenter à ma vie et à celle des membres de mon équipe. Des chercheurs sans scrupules m’ont fait des procès et on m’a mis en prison. »

Au Pérou, les huaqueros sont organisés en véritables entreprises, avec vigiles, ouvriers, revendeurs. Dans certains villages du Sud, plus de 20 % de la population vit des ressources issues de fouilles clandestines. « L’or n’explique pas tout, estime Thierry Jamin. Pour certains spécialistes, la cité de Païtiti aurait été la ville de la connaissance, où on apprenait les secrets des sciences précolombiennes telles que l’astronomie, les mathématiques et l’architecture. Mais, surtout, c’est peut-être à Païtiti qu’on apprenait laqellcca, la science de l’écriture. » Des tablettes auraient été cachées à Païtiti avant le saccage de Cuzco.

« Des sources considèrent que les Incas sont les héritiers de la civilisation des Huaris, qui développèrent la culture en terrasses et de nombreuses routes. Païtiti pourrait avoir été la capitale des Incas avant leur arrivée à Cuzco. » Cela voudrait dire que les Incas ne viennent pas du lac Titicaca et que la légende des enfants du dieu Soleil, né de l’écume du lac pour apporter la civilisation aux hommes, en prendrait un coup. Peu étonnant que l’administration péruvienne ne voie pas d’un bon oeil qu’un gringo français parte à la conquête du Graal péruvien.

LIRE aussi notre article « L’eldorado des Incas bientôt découvert ? »

L’aventurier de la cité perdue, de Thierry Jamin (Éd. du Trésor, 18 euros).

Au fil de l’Amazone

Lancé en 2007, « M/V Aqua » fut le premier bateau haut de gamme à proposer une croisière sur la partie péruvienne du fleuve Amazone. A bord – 12 très belles suites dotées de larges baies vitrées – comme en excursion, la navigation est l’occasion de s’immerger au coeur de la vie sauvage – caïmans, piranhas, iguanes, serpents, paresseux… – et de l’écosystème local, parmi les plus fascinants au monde.

Au pied du Machu Picchu

Idéal pour les amateurs de calme et de grands espaces, l’hôtel RioSagrado dévoile un Pérou bucolique entre montagnes, rivières et cultures en terrasse. Tout cela au coeur de la vallée sacrée des Incas, à quelques encablures deCuzco et du fameuxMachuPicchu. Au programme des réjouissances :trek, pêche,rando à cheval, observation des oiseaux et nourrissage des alpagas.Thierry Jamin n’imaginait pas la place que cette terre promise prendrait dans sa vie. Quinze ans que l’aventurier sillonne la forêt amazonienne à la recherche de Païtiti. De ce pays mystérieux, ultime refuge des Incas persécutés par les conquistadors, on ne se sait pas grand-chose. Les Incas n’écrivaient pas, du moins on l’ignore, leur origine est discutée et, s’ils ont eu la bonne idée de disparaître dans une citadelle d’or perdue dans la jungle, ils ont oublié de nous dire où elle se trouvait. Bercé par les aventures de Tintin, Thierry Jamin s’est jeté dans l’aventure, intrigué par les mystérieux clichés satellites réalisés au Pérou dans les années 80, révélant d’incroyables pyramides de pierre.

Homme de terrain, l’Indiana Jones français met alors sur pied des campagnes de recherches sur les chemins de l’Inca, labyrinthe de sentiers empierrés, englués dans des jungles épaisses tantôt chaudes et étouffantes, tantôt humides et froides, territoire des populations « non contactées » et où beaucoup de braves ont succombé. La nature retentit de leurs pas, de leurs coupe-coupe, du bruissement des insectes, de leurs descentes héroïques dans la boue grasse et glissante, de leur souffle qui commence à devenir laborieux. L’aventurier est à l’affût du moindre indice, et ce n’est pas ce qui manque. Le Pérou est couvert de villes enfouies sous l’immensité oppressante de la canopée. « Il y a des cités complètes, avec des rues, des places, des édifices. Les paysans cultivent à l’intérieur des ruines et font la cuisine dans des récipients vieux de plusieurs siècles ! » explique Thierry Jamin.

Ses recherches sur les pétroglyphes de Pusharo marquent un tournant. Certaines figures apparaissent puis disparaissent comme par magie à des moments bien précis de la journée. Il en va ainsi de trois soleils : un soleil levant, un soleil au zénith et un soleil couchant. L’archéologue est quasi certain qu’il s’agit d’une carte géographique codée, imaginée par les Incas pour les guider à travers la forêt, jusqu’à une destination encore inconnue : Païtiti ? « Plusieurs natifs de la forêt nous ont encore confirmé la présence de ruines monumentales au sommet de la montagne carrée. Mais, pour y parvenir, nous devons prendre un hélicoptère. »

Pilleurs de tombes

Le mirage d’une contrée fabuleusement riche en or a alimenté pendant près de quatre siècles une sanglante course au trésor. La légende de Païtiti-Eldorado est étroitement liée au « maudit trésor » de l’empereur Atahualpa. « C’est d’ailleurs tout son drame, déplore Jamin. Ce mythe nous a valu bien des ennuis de la part des huaqueros – pilleurs de tombes – et des narcotrafiquants. On a plusieurs fois cherché à attenter à ma vie et à celle des membres de mon équipe. Des chercheurs sans scrupules m’ont fait des procès et on m’a mis en prison. »

Au Pérou, les huaqueros sont organisés en véritables entreprises, avec vigiles, ouvriers, revendeurs. Dans certains villages du Sud, plus de 20 % de la population vit des ressources issues de fouilles clandestines. « L’or n’explique pas tout, estime Thierry Jamin. Pour certains spécialistes, la cité de Païtiti aurait été la ville de la connaissance, où on apprenait les secrets des sciences précolombiennes telles que l’astronomie, les mathématiques et l’architecture. Mais, surtout, c’est peut-être à Païtiti qu’on apprenait laqellcca, la science de l’écriture. » Des tablettes auraient été cachées à Païtiti avant le saccage de Cuzco.

« Des sources considèrent que les Incas sont les héritiers de la civilisation des Huaris, qui développèrent la culture en terrasses et de nombreuses routes. Païtiti pourrait avoir été la capitale des Incas avant leur arrivée à Cuzco. » Cela voudrait dire que les Incas ne viennent pas du lac Titicaca et que la légende des enfants du dieu Soleil, né de l’écume du lac pour apporter la civilisation aux hommes, en prendrait un coup. Peu étonnant que l’administration péruvienne ne voie pas d’un bon oeil qu’un gringo français parte à la conquête du Graal péruvien.

LIRE aussi notre article « L’eldorado des Incas bientôt découvert ? »

L’aventurier de la cité perdue, de Thierry Jamin (Éd. du Trésor, 18 euros).

Au fil de l’Amazone

Lancé en 2007, « M/V Aqua » fut le premier bateau haut de gamme à proposer une croisière sur la partie péruvienne du fleuve Amazone. A bord – 12 très belles suites dotées de larges baies vitrées – comme en excursion, la navigation est l’occasion de s’immerger au coeur de la vie sauvage – caïmans, piranhas, iguanes, serpents, paresseux… – et de l’écosystème local, parmi les plus fascinants au monde.

Au pied du Machu Picchu

Idéal pour les amateurs de calme et de grands espaces, l’hôtel Rio Sagrado dévoile un Pérou bucolique entre montagnes, rivières et cultures en terrasse. Tout cela au coeur de la vallée sacrée des Incas, à quelques encablures de Cuzco et du fameux Machu Picchu. Au programme des réjouissances : trek, pêche, rando à cheval, observation des oiseaux et nourrissage des alpagas.

1 Comment on Amérique latine : l’Indiana Jones français et le « trésor maudit »

DEVIN said : 5 months ago

Bonjour, De quelle Païtiti parlez-vous ? L'antique cité pré-Inca, la cité refuge Inca, la jumelle de Cusco.... Païtiti c'est toute une histoire ... un puzzle à reconstituer.... Lorsque les aventuriers tiendront compte de l'accès stratégique à PAITITI (une enclave, donc isolée du monde extérieur) mentionné paroi de Pusharo alors ils trouveront... Mais attention danger ! une autorisation d'accéder est nécessaire. Païtiti est entourée d'eau de grandes cascades, près de lacs jumeaux, dans un lieu escarpé. Je parle ici de la cité refuge Inca. Près de celle-ci se trouve l'antique El Païtiti .....

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