Arequipa, ville lumière de la vallée des merveilles

Un beau voyage. Au pied de trois volcans, la péruvienne Arequipa préserve une histoire et une culture millénaires. Avec, en perspective, la vallée du Colca. Inoubliable !

 

source : ouest-france.fr

par  Alice BROUARD

Pour les siècles des siècles

Combien d’églises, de chapelles, de monastères et de palais, compte Arequipa, deuxième ville du Pérou avec 1 287 000 habitants ? Une infinité. En roche volcanique blanche ou peintes en ocre et indigo, ces demeures associent l’histoire préinca, inca et espagnole. Au couvent-musée Santa Teresa, quinze carmélites vivent parmi des fresques du XVIIesiècle, des toiles de l’école de Cusco, des meubles de l’époque coloniale, des ostensoirs ornés de pierres précieuses.

Les touristes admirent ces trésors aux heures de visite et écoutent les moniales chanter l’Angélus dans l’église attenante. Ou préfèrent s’envelopper de silence dans le petit cloître et le patio fleuri.

Arequipa se trouve à 2 325 mètres d’altitude, au pied du Chachani, Misti et Pichu Pichu. Ces volcans insuffleraient le feu et la liberté aux Aréquipéniens, dont Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature 2010.

Une eau poissonneuse

Entre Pacifique et Andes, il n’est pas sorcier de mettre les petits plats dans les grands, tant les fruits de la mer et de la terre abondent. À Victoria, une chichería, taverne traditionnelle, Renato López Morzán, accommode 700 plats ancestraux ou importés par les immigrants, avec un brin de nostalgie et la fierté de partager cultures et savoir-faire. À sa table : soupe d’écrevisses, pommes de terre à la sauce cacahuète, steak d’alpaga au risotto de quinoa, papayes, le tout arrosé d’une chicha morada (jus de maïs violet).

Aux portes du ciel

Au nord-ouest d’Arequipa, dans la cordillère des Andes, la vallée du Colca mène encore plus loin dans l’espace et le temps. Comme il y a 5 000 ans, quand les premières communautés andines vénéraient Apu, l’esprit de la montagne, et Pachamama, la déesse terre-mère.

Les hommes cultivent en terrasses et mâchent des feuilles de coca pour résister au froid. Les femmes, coiffées et vêtues de broderies-emblèmes, portent le poids des bébés et des récoltes. Certains montent, en souvenir des aïeux, vers les sites funéraires nichés dans les falaises. D’autres plongent, pour se soigner, dans les sources d’eau chaude, parmi les lamas, alpagas, vigognes, guanacos domestiqués ou sauvages. Sous le vol du condor sacré.

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