Bienvenue au carnaval afro-péruvien!

Février, c’est le mois des carnavals! Je vous emmène faire un tour au carnaval afro-péruvien : il est unique en son genre dans la fusion afro et andine, peu touristique et magnifiquement coloré. Allons-y!

par Ibrulebeaux

source : courrierinternational.com

Fan de carnaval

Je suis une grande fan de carnaval. J’aime les déguisements, les traditions, la musique, le saugrenu et le collectif du carnaval. Mon préféré est de loin celui de Dunkerque – c’est la modernité ultime. Voir un homme heureux en tailleur-moumoute rose, monté sur escarpin de 12 et les jambes parfaitement épilées est plus rafraîchissant que 18 morceaux de pastèque et une lueur d’espoir sur le monde à venir.

Alors me voici au carnaval afro-péruvien d’El Carmen! Au-delà du carnaval, c’est un petit village magnifique de textures et de couleurs.

Le Pérou est très peu métissé. C’est assez choquant, les premiers mois à Lima, de ne croiser aucun Noir dans les rues. Pourtant, il existe une petite communauté afro-péruvienne à environ trois heures au sud-est de Lima. Pourquoi ? Parce qu’y vivent les descendants d’esclaves ayant travaillé dans les champs de coton. Les Espagnols ont fait venir environ 300 esclaves lors de la conquête du Pérou, au XVIe siècle. Ils n’ont qu’une vague connaissance de leurs ancêtres, de leur pays d’origine, de leurs racines.

Ils ont intégré certains codes péruviens et d’autres de la culture noire. Le mélange des deux pour le carnaval afro-péruvien est assez étonnant. On parle spécifiquement de yunza negra : défilé et baptême de diables (un mélange païen et religieux), musique à base de percussions, dont le cajon peruano, danses africaines.

La yunza de tradition andine

Le cœur du carnaval est la yunza : c’est un rituel d’offrande à la Terre dans la tradition andine, c’est le moment de remercier la terre pour l’abondance des récoltes de l’année.
— Ce qu’on voit : on revêt un arbre de cadeaux et un yunzero ainsi que sa troupe vient danser, faire le rituel et donner des coups de hache dans l’arbre jusqu’à ce qu’il tombe.
— Ce qu’on comprend : rien du tout.
— Ce qu’on pense : que ça ressemble juste à un truc totalement absurde, on ne va pas se mentir. En même temps, j’aimerais bien voir la tête d’un Péruvien assister au lancer de hareng. Mais généralement, le jour où l’on comprend, on ne voit plus l’absurde parce qu’au final c’est superlogique ou ultrapoétique. Un jour, j’en comprendrai la signification et je vous l’expliquerai. Pour l’instant, j’apprécie l’absurde, j’aime la performance artistique et musicale et je me fais toute petite en me disant que j’assiste à une cérémonie sacrée.

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