Dans l’antichambre des élections 19 Janvier 2020,

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Les élections complémentaires qui permettront de renouveler le Congrès de la République qui a été dissout le 30 septembre dernier auront enfin lieu dimanche prochain.

source : bolivarinfos

Une vingtaine de partis politiques et d’organisations de même tendance ont inscrit des listes et plus de 2 000 citoyens les composent dans l’idée de gagner ainsi des voix.

L’absence d’unité et de cohésion constitue la particularité de ce processus. S’y ajoute l’absence inquiétante de propositions réellement capables d’intéresser les électeurs.

Le pays semble vivre une sorte de désert politique dans lequel aucune semence ne pousse. Cela donne l’impression que dans ce domaine, nous, les Péruviens, payons le prix d’une étape dans laquelle les coquins se sont emparés du Pouvoir et ont réussi à effacer de la tête des gens tout vestige d’idée politique.

Parce que la classe dominante, dans notre pays, ne se propose pas d’imposer la « pensée unique » mais d’éliminer toute classe de pensée qui alimente l’esprit de nos citoyens.

« Que personne ne pense » semble être la consigne à la mode depuis les années 90 jusqu’à aujourd’hui, avec de rares interruptions. Et que pensent seulement ceux qui commandent, évidemment, parce que ce sont eux qui construiront « le modèle » le plus parfait.

Pour certains, la dispersion apparaît comme « garantie citoyenne. » elle confère à l’électeur la possibilité de « choisir » entre plusieurs possibilités bien que cela cache, en réalité, une triste constatation : il n’y a pas de critère commun ni d’accords concernant ce qu’on doit faire. Chacun promeut ce qui lui fait plaisir et cache la tendance qui l’enthousiasme. Ainsi, il ne sera jamais possible de forger une société d’un nouveau type.

Conscients de cela – qui constitue un véritable piège – nous, les forces les plus progressistes et avancées de la société péruvienne, cherchons toujours à aller à contre-courant, en souhaitant l’unité.

Ça a été l’essence du Front Démocratique National, né en 1945, du Front National de Libération des années 60, de l’Unité de Gauche des années 70 et de Gauche Unie dans les années 80. C’est cette politique constructive et unitaire qui a permis d’ébaucher un chemin pour surmonter la crise qui angoissait le pays. Le processus de Velasco a respecté le programme adéquat à cette époque.

Mais aujourd’hui, le schéma de la division qui a amené la défaite du mouvement populaire en 1990 et revient de façon dramatique depuis, ouvrant la voie d’abord à une dictature sinistre et ensuite à des régimes corrompus, engagés jusqu’à l’os dans le néolibéralisme, se répète. Comme nous l’avons déjà dit « bien que les dirigeants de la faible gauche péruvienne aient proclamé à grands cris leur « ferme volonté » de construire l’unité, ils ont une fois de plus forgé la division. » Elle leur a permis d’avoir la capacité d’avoir jusqu’à 5 listes différentes et d’ajouter des candidats à la tâche. Cela les conduira à une nouvelle défaite.

Cela pourrait-il être une dernière et décisive expérience de l’échec ? Serait-il possible qu’en tant que leçon, en 2021, on puisse unir les forces pour avancer ? Bien que les miracles n’existent pas, au moins en politique, souvent apparaît dans la tête de ceux qui « décident » sur ce sujet, un penchant au bon sens et la chose arrive.

Maintenant, il faut faire le pain avec de la farine qui tient dans la main. Il faut chercher en chercher une, parmi les différentes listes de gauche et progressistes, une qui réponde mieux à notre propre option et trouver en elle A candidatures qui nous permettent d’utiliser mieux le « vote préférentiel. » Des gens honnêtes et combatifs, parmi les candidats, il y en a. Ils méritent d’être soutenus.

Ce qu’il ne faut pas faire, c’est tomber dans le scepticisme ou dans le désespoir. Cela ne nous amènerait – sous de faux préceptes « théoriques » – qu’à une option indésirable : le vote nul, blanc ou annulé. Il faut écarter complètement cette « issue » qui aggraverait encore plus la situation.

Rappelons-le, le fujimorisme a obtenu, en 2016, 23% des voix pour sa liste au Parlement. Cela leur aurait permis d’avoir environ 25 congressistes sur un total de 130. Mais la « répartition » entre les partis vainqueurs des votes annulés, nuls et blancs a permis de reconnaître à la liste de Keiko 53% des voix et un total 73 congressistes. En d’autres termes, 33 places au Congrès sont tombés du ciel. Elles sont devenues « Force Populaire » sur la base de l’hégémonie au Parlement dissout l’année dernière.

Répéter l’expérience et annuler les voix, à cette occasion ne serait rien d’autre que se frapper avec la même pierre.

La récente décision, pour ces élections, de ne pas faire perdre leur inscription aux partis qui n’atteignent pas la limite établie est une sorte de « sauvetage » lancé surtout à l’APRA, la force la plus faible dans la situation actuelle. Une raison de plus pour ne pas faire le jeu de l’ennemi. Il faut voter, alors, et le faire avec responsabilité et hauteur de vue.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

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