De la Pologne au Pérou, les politiques anti-LGBT se durcissent

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Alors que des « zones anti-LGBT » éclosent dans toute la Pologne, le Pérou a, quant à lui, élu des représentants ouvertement homophobes… Ces derniers mois, plusieurs pays prennent ainsi l’Histoire à rebours en matière de droits des minorités sexuelles.

source : vanityfair.fr

Le conseil municipal de Saint-Jean-de-Braye, ville de plus de 20 000 âmes dans le Loiret, a préféré prendre les devants. Le 14 février dernier, la municipalité a été la première en France à adopter un arrêté visant à suspendre ses « relations officielles » avec sa ville jumelle de Tuchów, une des 88 « zones sans LGBT » en Pologne : « Élus de Saint-Jean-de-Braye, nous réaffirmons que les droits de l’Homme doivent s’appliquer sans discrimination à chaque être humain, indépendamment de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. Nous demandons que les libertés individuelles de tous s’appliquent sans entrave. »

D’autres collectivités françaises se posent désormais la question de faire de même : interrompre tout lien avec les communes polonaises qui auraient adopté les résolutions du parti conservateur PiS, de retour au pouvoir depuis 2015, et qui ne cesse de renforcer sa politique contre les minorités. Depuis début 2019, une centaines de localités en Pologne – villes, départements, régions – se sont ainsi déclarées « libre de l’idéologie LGBT. » Les élus y sont encouragés à « s’abstenir de toute action visant à encourager la tolérance à l’égard des personnes LGBTI et à ne pas fournir d’aide financière aux ONG qui œuvrent en faveur de l’égalité des droits. » 31 % des Polonais vivraient désormais dans une de ces « zones sans LGBT », selon les chiffres du site Atlas de la Haine.


La rhétorique homophobe est donc devenue, après la question migratoire, le nouveau carburant électoral de la majorité ultraconservatrice présidée par Jaroslaw Kaczynski, l’homme fort du pays. Seul Rafal Trzaskowski, maire libéral de Varsovie, tente de s’y opposer. Celui-ci a voulu faire de la capitale un « refuge » pour les personnes homosexuelles rejetées. En collaboration avec des associations, il a composé une charte qui prévoit, entre autres, une éducation contre la discrimination et une éducation sexuelle qui tient compte de la question de l’orientation sexuelle. Varsovie fait donc figure d’exception, quand tout le reste du pays sanctionne peu, ou pas du tout, les agressions homophobes. À l’été 2019, plusieurs groupes ultranationalistes s’en sont pris physiquement à des cortèges de gay prides. Plusieurs médias progouvernementaux se font quant à eux le porte-voix d’idées conservatrices, comme la défense de la famille traditionnelle ou la lutte contre « l’homopropagande. »

La très pieuse Pologne est donc le centre névralgique de cette politique d’extrême droite qui touche désormais une grande partie de l’Europe de l’Est. Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Lituanie… Plusieurs pays ont récemment pris des mesures contre la communauté LGBT. La plupart d’entre eux ont d’ailleurs redéfini dans leur constitution le mariage comme étant l’union d’un homme et d’une femme. Point. Alors que l’Ouest du Vieux Continent vote le mariage pour tous, l’Est opère un retour dans le passé en se rapprochant de la Russie de Vladimir Poutine.

En Tchétchénie, la persécution des homosexuels est ancrée dans la politique de Ramzam Kadyrov, chef de la République depuis 2007. Ces dernières années, cette « purge » opérée à l’échelle nationale a pris une autre ampleur avec l’ouverture de camps dans lesquels les gays sont enfermés et torturés.

De l’autre côté de l’Atlantique, les groupes homophobes s’installent également au pouvoir. Au Pérou, le Frepap, bras politique d’une secte religieuse qui prône le retour aux valeurs de la Bible, a fait une entrée fracassante au Parlement, en remportant seize sièges au début du mois de février. Devenant ainsi la deuxième force politique du pays. Si ce parti est baptisé Front populaire agricole du Pérou, il s’intéresse peu à l’avenir de la ruralité. À sa tête, Wilmer Cayllahua – désormais figure populaire au Pérou – a fait campagne sur son aversion des homosexuels. Les LGBTI ont « le mal enkysté dans le cœur et dans le sang, mais ils vont avoir une chance de découvrir le décalogue universel des commandements, et par cet intermédiaire entrer dans la moralisation, pour plus tard devenir des gens de bien ». Une phrase qui semble venue d’un autre temps mais qui trouve un inquiétant écho dans des pays au quatre coins du globe.

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