Démission du procureur général

Le ministère péruvien de la Justice a accepté hier la démission du procureur général Pedro Gonzalez Chavarry, qui avait tenté de destituer une équipe d’enquêteurs travaillant sur l’affaire de corruption autour du groupe brésilien de BTP Odebrecht impliquant de hautes personnalités péruviennes.

source : lefigaro.fr

Zoraida Avalos a été désignée procureure générale pour une période de 60 jours. D’ici la fin de cette période intérimaire, le nouveau titulaire du poste de procureur général sera élu pour une période de trois ans.

Lors de sa première conférence de presse après sa désignation, Mme Avalos a annoncé qu’elle plaçait le ministère public en état d’urgence et a réitéré le soutien des autorités aux enquêtes anti-corruption liées aux activités du groupe Odebrecht.

« Je décide de déclarer le ministère public en état d’urgence avec comme objectif de rétablir la confiance des citoyens dans notre institution », a-t-elle déclaré. Elle n’a pas précisé combien de temps devrait durer cette mise sous état d’urgence du ministère public.

La démission réclamée par des centaines de manifestants

Le procureur général Chavarry avait annoncé lundi sa démission, réclamée par des centaines de manifestants. Ces derniers protestaient contre la destitution par M. Chavarry de deux procureurs chargés notamment des dossiers de corruption présumée concernant quatre anciens présidents péruviens et la cheffe de l’opposition Keiko Fujimori.

Avant de devoir donner sa démission, le procureur général avait réintégré les deux procureurs, José Domingo Perez et Rafael Vela, sous la pression de l’opinion publique et du président péruvien Martin Vizcarra qui s’était joint aux protestations.

L’éviction des deux fonctionnaires, décidée au nom d’une supposée violation du « principe de réserve » et d’un « manque de rigueur », était intervenue alors que fin décembre, l’un d’eux avait lui-même accusé le procureur général Chavarry de dissimulation et d’obstruction concernant les enquêtes contre Odebrecht et contre Mme Fujimori.

4 anciens présidents sous le coup d’une enquête

L’équipe dirigée par le procureur Vela est chargée d’enquêter sur quatre anciens présidents péruviens. Alejandro Toledo (2001-2006) a fui aux États-Unis et fait l’objet d’une demande d’extradition. Ollanta Humala (2011-2016) a été emprisonné pendant neuf mois, jusqu’en avril dernier. Alan Garcia (1985-1990 et 2006-2011), lui, a tenté d’obtenir l’asile politique auprès de l’ambassade d’Uruguay, qui le lui a refusé. Et Pedro Pablo Kuczynski (2016-2018) a démissionné en mars 2018.

La dirigeante de l’opposition Keiko Fujimori, actuellement en détention préventive, est accusée d’avoir reçu des versements illégaux d’Odebrecht lors de sa campagne électorale de 2011.

Au cours de sa conférence de presse, la procureure générale par intérim a indiqué qu’elle soutenait, outre les enquêtes liées au scandale Odebrecht, les investigations sur un réseau de trafic de décisions judiciaires appelé « les cols blancs ».

Lors des rassemblements pour la démission du procureur général Chavarry, les manifestants ont réclamé qu’il soit traduit en justice non seulement pour avoir tenté de destituer les deux procureurs anti-corruption mais aussi pour ses liens présumés avec ce groupe dit des « cols blancs ».

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