Démissions en cascade après la grâce de Fujimori

Le président du Pérou est de plus en plus isolé. Dimanche 24 décembre, Pedro Pablo Kuczynski a accordé ce qu’il a qualifié de « grâce humanitaire » à l’ancien dictateur Alberto Fujimori.

source : RFI

Condamné en 2009 à 25 ans de prison pour crimes contre l’humanité. Mais les opposants tout comme les familles des victimes du régime Fujimori sont convaincus que cette décision du chef de l’Etat est le fruit d’un marchandage. La semaine dernière, une partie du bloc Fujimori au parlement péruvien s’était abstenu durant le vote pour destituer Pedro Pablo Kuczynski, mis en cause dans l’affaire de corruption Odebrecht. Ce qui a permis au président de rester au pouvoir. Depuis, la polémique ne cesse d’enfler au Pérou. Même dans les rangs du parti de Kuczynski les démissions pleuvent.

Ils sont 12 à avoir démissionné depuis l’annonce de la grâce présidentielle accordé à Alberto Fujimori par Pedro Pablo Kuczynski. Parmi eux trois députés du parti présidentiel, un proche conseiller du chef de l’Etat, plusieurs hauts fonctionnaires du ministère de la Justice et des responsables de l’audiovisuel publique.

Mercredi 27 décembre, le ministre de la Culture a également annoncé qu’il quittait le gouvernement. Un coup dur pour Pedro Pablo Kuczynski. Le président a annoncé qu’il était en train de mettre en place « un gouvernement de réconciliation nationale ». Mais quelle est la volonté réelle du chef de l’Etat d’apaiser et d’unir une société péruvienne très polarisée entre d’un côté les opposants à Alberto Fujimori et de l’autre ceux qui vénèrent toujours l’ex-dictateur ?

Toute décision rendue par un tribunal dans un pays doit être appliquée, c’est bien pour ça que les tribunaux sont là. Et c’est une obligation pour tout Etat démocratique respectueux du droit.
Diego García Sayán, membre de la Cour interaméricaine des droits de l’homme 28/12/2017 –
par Stefanie Schüler

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