Des Amérindiens péruviens portent plainte aux Pays-Bas contre une société pétrolière

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Quatre communautés locales, appuyées par des ONG, accusent Pluspetrol de polluer la forêt amazonienne et pratiquer l’évasion fiscale. Elles vont porter plainte aux Pays-Bas, où se trouve le siège de la compagnie.

source : ouest-france.fr

Des Amérindiens péruviens vont déposer une plainte au Pays-Bas contre la compagnie Pluspetrol qu’ils accusent de polluer la forêt amazonienne et d’enfreindre les règles de l’OCDE sur les entreprises multinationales.

La compagnie pétrolière, à capitaux argentins et dont le siège se trouve à Amsterdam, « a une longue histoire de non-respect des normes environnementales », affirme Yaizha Campanario, de l’ONG Peru Equidad, une des huit organisations à porter plainte.

« Les peuples indigènes ont dû chercher à obtenir justice aux Pays-Bas […] car l’État péruvien n’a pas pu faire respecter à Pluspetrol ses obligations », ajoute-t-il.

Obligation de dépollution non respectée

Quatre communautés locales, appuyées par quatre ONG, accusent Pluspetrol de n’avoir pas respecté son obligation de « dépolluer » les sols et rivières après son départ du lot 192, le plus important gisement de brut du Pérou, situé dans le nord du pays et exploité par l’entreprise entre 2000 et 2015.

Les organisations prévoient de déposer leur plainte ce mercredi devant le bureau de contact néerlandais de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) à La Haye, accusant l’entreprise de ne pas respecter les directives de cette organisation en matière de responsabilité sociale et environnementale.

Les organisations qui représentent les peuples achuar, kukama, kichwaa et quechua espèrent que le gouvernement néerlandais pourra contraindre l’entreprise « à nettoyer la pollution produite par l’extraction pétrolière qui a eu des effets dévastateurs sur la santé dans ce coin reculé de la forêt ».

Évasion fiscale

Elles dénoncent également la stratégie d’évasion fiscale de l’entreprise qui, selon elles, n’utilise son siège néerlandais que comme une « boîte aux lettres ».

Pluspetrol « utilise les Pays-Bas comme partie d’une stratégie pour dissimuler et transférer des fonds afin d’éviter de payer des impôts dans les pays en développement comme le Pérou », relève Joseph Wilde-Ramsing, chercheur à Somo, un centre de recherche néerlandais sur les multinationales, une des organisations plaignantes.

Il s’agit d’une démarche inédite pour ces communautés amérindiennes, après des années de relations tendues avec Pluspetrol qui opère au Pérou depuis 1995. Il existe de nombreux conflits dans le pays entre communautés locales et multinationales pétrolières ou minières.

Pluspetrol nie

De son côté, Pluspetrol assure avoir travaillé à « réduire le risque de pollution » avec la mise en place de programmes de « gestion des déchets » et de nettoyage pour « minimiser les impacts environnementaux » de ses opérations.

L’entreprise a également des activités en Argentine, Angola, Bolivie, Colombie, Équateur, États-Unis, Surinam et Uruguay.

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