Des élections législatives dans l’espoir de mettre fin à une crise politique entre le gouvernement et le Congrès

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Rien de mieux pour les Péruviens que de commencer cette année avec des élections législatives, qui seraient à même de mettre fin à une grave crise politique entre un Congrès dominé par l’opposition et un gouvernement en remaniement continu depuis 2016, le tout sur fond de scandales de corruption de plusieurs figures politiques, hommes d’affaires et même du système judiciaire.

source : mapexpress.ma

Ces législatives anticipées, prévues dimanche prochain le 26-01-2020, seront l’occasion pour plus de 24 millions d’électeurs de choisir 130 députés pour achever le mandat législatif (2016-2021) et représentent un grand espoir pour la formation d’un Congrès qui a rendez-vous avec l’histoire eu égard aux réformes importantes attendues. Ces dernières constituent une étape importante pour la préparation des élections de 2021, un scrutin hautement symbolique car il coïncide avec le bicentenaire de l’indépendance du Pérou.

A quelques jours de la tenue de ces élections, le paysage politique demeure incertain et marqué par un fossé entre les partis politiques et les électeurs, dont la majorité n’a pas encore opté pour un candidat ou un parti définis.

Selon les résultats d’un sondage d’opinion mené par Ipsos à une semaine des élections, seulement 28% des Péruviens ont identifié le candidat ou le parti pour lequel ils voteront, tandis qu’un segment de 19% a annoncé qu’ils allaient voter blanc.

En plus, 18% des citoyens sondées, ont confirmé qu’ils n’étaient pas encore convaincus par le discours et le programme des partis politiques et qu’ils n’ont par conséquent pas encore décidé du parti ou du candidat à élire.

En outre, 16% des sondés déclarent ne pas être suffisamment informé pour savoir quel candidat choisir, tandis qu’un autre groupe, même s’il représente la minorité (5%), a décidé de ne pas voter et d’encourir une amende pouvant aller jusqu’à 86 soles (un dollar équivaut à 3,3 soles), le vote au Pérou étant obligatoire dès l’âge de 18 ans et facultatif et non obligatoire pour toute personne de plus de 70 ans.

Les raisons de cette hésitation et de cette perplexité, de l’avis des observateurs, peuvent être résumées dans le caractère exceptionnel de la tenue des élections législatives, qui sont le résultat d’une escalade de tensions politiques, de menaces et de pressions entre le Congrès, qui était contrôlé par le parti “Fuerza Popular” (Force populaire, opposition) et ses alliés. Le président Martin Vizcarra a décidé le 30 septembre dernier de dissoudre le parlement en usant de ses prérogatives constitutionnelles et de convoquer de nouvelles élections.

Un autre facteur serait le nombre de partis politiques qui ont confirmé leur participation à ces élections et aussi les nouveaux candidats qui brigueront un siège au Congrès pour un mandat d’environ un an et demi, alors même que des partis traditionnels ont présenté des listes avec des visages familiers et expérimentés.

Désormais, les Péruviens attendent que le futur Congrès, qui émergera de ces élections, soit en mesure de normaliser les relations entre les pouvoirs exécutif et législatif afin qu’ils se concentrent ensemble sur les questions qui préoccupent les citoyens, dont la lutte contre la corruption, la croissance économique, l’emploi, la sécurité et la lutte contre la violence à l’égard des femmes.

À cet égard, le président de la République, Martin Vizcara, a exprimé l’espoir de voir achevée la réforme politique et judiciaire de son gouvernement en collaboration avec la prochaine autorité législative, soulignant la nécessité d’une démocratie représentative qui renforce la confiance.

De même, le président péruvien a plaidé pour un vote de “responsabilité et de réflexion dans le pays”, appelant tous les Péruviens à se rendre aux urnes dimanche prochain afin de prendre une décision responsable et de penser au Pérou.

Ces élections sont considérées par les Péruviens comme une étape qui mettra fin à la crise politique que traverse le pays, en mettant en place un nouveau parlement qui concrétiserait les espoirs, les demandes et les appels des citoyens en vue d’améliorer leurs conditions économiques et sociales et lutter contre les foyers de corruption.

In fine, ces législatives seront également un test de la popularité des partis et des candidats qui ont l’intention de se présenter aux élections présidentielles et législatives de l’année prochaine.

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