Des femmes maintenant autonomes, pleines de projets

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fromageLa chanteuse Marie Denise Pelletier est allée en Bolivie il y a six ans et elle y est retournée cet automne pour l’organisme de bienfaisance L’Oeuvre Léger, dont elle est porte-parole depuis plus de 20 ans.

source : ledevoir.com

Dans ce pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud, où plus d’un habitant sur huit vit avec moins de 1,25 $US par jour, elle a constaté de grands progrès, pour les femmes notamment. Elle a poursuivi cette année son périple jusqu’au Pérou, où elle a vu des avancées marquantes, particulièrement du côté des productrices laitières. Récit.

« Cultiver des terres pour produire le fourrage à 4000 mètres d’altitude, c’est assez sportif ! » s’exclame Marie Denise Pelletier, qui célèbre cet automne ses 30 ans de carrière.

Au Pérou, le partenaire de L’Oeuvre Léger Cindes s’efforce d’améliorer les conditions de travail des producteurs laitiers, et Marie Denise Pelletier y a été marquée par un groupe de 125 femmes qui ont chacune leur petite ferme laitière et qui travaillent ensemble.

« Elles réussissent très bien, parfois mieux que les hommes et cela cause même des tensions, raconte-t-elle. Elles ont remporté plusieurs concours pour mettre la main sur de l’équipement ultramoderne. Elles diversifient leurs produits, notamment en fabriquant du fromage. J’ai rencontré des femmes très fières de leurs accomplissements, des femmes inspirantes. »

En Bolivie, le partenaire Amultiagros travaille aussi avec les producteurs laitiers, notamment pour construire des puits afin d’irriguer les terres et pour améliorer la génétique des vaches afin qu’elles produisent de trois à quatre fois plus de lait.

« J’ai vu les efforts en 2006 et les résultats sont maintenant au rendez-vous », se réjouit la porte-parole.

Dépasser le stade de survie

Dans la zone périphérique nord de la ville de La Paz, à 4000 mètres d’altitude, on retrouve une forte migration d’Autochtones. Ils proviennent du milieu rural et les femmes sont particulièrement vulnérables puisqu’elles ont de la difficulté à accéder à un emploi, à obtenir de la formation technique et, donc, à nourrir leur famille. Le partenaire de L’Oeuvre Léger Fundación Centro de Cultura Popular (FCCP) travaille avec elles depuis plus de 35 ans.

« Il y a six ans, j’ai vu chez FCCP des femmes souvent à la rue, ostracisées, d’une extrême pauvreté, souvent avec des enfants, raconte Marie Denise Pelletier. On leur donnait des notions de comptabilité et un accès à du microcrédit. »

Aujourd’hui, la situation a évolué. « Socialement, il y a eu de grandes avancées en Bolivie en matière d’égalité hommes/femmes, notamment grâce au travail du président Evo Morales, lui-même autochtone, et les programmes de FCCP se sont diversifiés », explique Marie Denise Pelletier.

Par exemple, FCCP fait maintenant de la conscientisation pour améliorer l’alimentation des Boliviens, traditionnellement basée sur des pommes de terre, du manioc et du quinoa.

« C’est ce qui pousse dans le pays, mais maintenant, beaucoup de légumes verts arrivent de l’Amazonie, et les intégrer à leur alimentation permettrait de diminuer l’obésité très présente chez les Boliviens », explique Marie Denise Pelletier qui, enfant, voyait ses parents d’origine modeste mettre leurs sous dans la petite boîte de dons de L’Oeuvre Léger pour aider les plus mal pris qu’eux.

D’anciennes bénéficiaires de FCCP sont aujourd’hui devenues intervenantes et aident à leur tour d’autres femmes.

« Énormément de femmes sont passées par FCCP,constate Marie Denise Pelletier. C’est beau de voir ce changement de génération. »

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