Enquête contre la Première dame du Pérou pour blanchiment d’argent

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N. Heredia aurait dissimulé des fonds en provenance du Venezuela pour financer le parti d’Ollanta Humala.

 

source : i24news.tv

La justice péruvienne a annoncé vendredi l’ouverture d’une enquête pour blanchiment d’argent à l’encontre de la Première dame et présidente du parti au pouvoir, Nadine Heredia.

La procédure s’inscrit dans le cadre d’une plus vaste enquête sur l’origine des fonds ayant financé la campagne de son mari, le président Ollanta Humala.

La décision d’ouvrir une enquête à l’encontre de la Première dame a été prise par le procureur German Juarez, qui a ordonné un examen graphologique pour Mme Heredia, afin de déterminer si c’est elle qui avait validé des versements frauduleux entre 2006 et 2011.

La semaine dernière, le Parlement péruvien, contrôlé par l’opposition, avait recommandé l’ouverture de cette enquête, en se fondant sur le rapport d’une commission parlementaire.

La commission s’est penchée sur des faits présumés de corruption impliquant l’homme d’affaires Martin Belaunde Lossio, étroit collaborateur du président Ollanta Humala entre 2006 et 2011, avant son élection.

Le rapport mettait en cause Mme Heredia en raison de doutes sur l’origine de fonds qu’elle a perçus quand l’homme d’affaires l’a embauchée comme conseillère, avant que M. Humala ne parvienne au pouvoir en 2011.

La commission enquêtant sur M. Belaunde soupçonne la Première dame d’avoir à l’époque bénéficié d’un emploi fictif et d’avoir en réalité dissimulé des fonds en provenance du Venezuela pour financer le parti de M. Humala, alors allié du vénézuélien Hugo Chavez.

Martin Belaunde est sous les verrous à Lima depuis le 29 mai et son extradition depuis la Bolivie.

Il y a quelques semaines, un tribunal avait pourtant ordonné de classer le dossier contre Nadine Heredia, s’agissant de faits « déjà examinés » par la justice.

En 2009, le parquet avait reproché à Mme Heredia de ne pas pouvoir justifier l’origine de 215.000 dollars entre 2005 et 2009, période durant laquelle son époux avait bénéficié de financements d’entreprises vénézuéliennes qu’il a toujours présentés comme légaux.

Aucune sanction n’avait toutefois été prise contre Mme Heredia, faute de preuves suffisantes.

Une élection présidentielle est prévue en avril 2016 au Pérou et la popularité du président Humala, un ancien militaire nationaliste de gauche, a chuté à 13% d’opinions favorables en septembre.

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