JACQUELINE DELIA BRÉMOND, CO-FONDATRICE DE LA FONDATION ENSEMBLE

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Jacqueline Delia Brémond, Présidente déléguée et co-fondatrice de la Fondation Ensemble qui fêtera en décembre ses dix ans d’existence, livre à Carenews ses ambitions pour élargir son champ d’action !
source : carenews.com
D’où est venue l’idée de créer une fondation privée dédiée à la fois au développement humain et à la préservation de l’environnement ?
Devant le succès rencontré par Pierre et Vacances Centers Parcs, société créée par mon mari Gérard Brémond, nous avons très vite décidé que nous ne lèguerions pas intégralement notre fortune à nos enfants -celle-ci pouvant se révéler un véritable poison pour eux- et les avons élevés dans ce sens. Adultes ils ont tout naturellement renoncé à cet héritage. En 2004 nous avons pu concrétiser notre projet grâce à l’introduction en Bourse du groupe familial, une partie des actions nous permettant de financer la fondation. Je souhaitais m’impliquer dans la préservation de l’environnement et mon mari dans le développement humain. Nous avons uni nos deux ambitions dans un double projet qu’à ma connaissance nous sommes les seuls à porter en France: promouvoir un développement humain durable, c’est à dire intégrant la protection de l’environnement. Et ce dans cinq secteurs les plus sensibles à ces thématiques:
* L’agriculture
* La pêche durable
* La conservation de la biodiversité
* Les énergies renouvelables
* Les écomatériaux

Qu’est ce qui caractérise votre fondation ?

Nous cherchons à être les plus efficients possible. C’est pourquoi nous avons mis en place un outil de sélection des projets très pointu qui nous a valu de recevoir le prix Admical cet été. Notre appel à projets est lancé une fois par an en décembre. Les 400 à 500 projets reçus sont soumis à un collège de trente experts bénévoles.

Les dossiers retenus -malheureusement trop peu nombreux- doivent alors être
complétés à partir de questions très précises dont les réponses sont soumises à
deux ou trois experts du secteur concerné. Un aller-retour entre porteurs du projet et experts permet d’attribuer à celui-ci des notes à partir de critères très précis. Le projet n’est entérIné qu’au bout d’un parcours de sept mois. Puis une convention est signée, le budget alloué d’environ 150 000 euros est versé en plusieurs fois avec contrôle avant chaque versement pour voir si les objectifs intermédiaires ont été atteints. Nous envoyons toujours une personne sur place et nous travaillons avec de grandes ONG internationales garantes des associations locales porteuses du projet. Nous finançons des projets pour trois ans et seulement à 50% pour nous assurer qu’ils intéressent aussi d’autres investisseurs.

Quels sont vos réalisations et les programmes actuellement soutenus ?
En dix ans d’existence nous avons investi 30 millions d’euros de fonds propres et financé 200 projets. Nous travaillons actuellement au Mozambique. Un pays très pauvre mais stratégique car disposant d’une des plus riches biodiversités marines et terrestres dont l’exploitation risque d’être très polluante. Notre travail porte également sur l’écosystème marin dans la zone côtière de l’Afrique de l’Ouest.

Même si la situation actuelle nous oblige à nous concentrer sur la Mauritanie et le Sénégal. En Amérique latine nous intervenons au Pérou sur les ressources  halieutiques en péril et au Pérou sur l’écosystème marin. En Asie nous nous  concentrons sur le Laos et le Cambodge.

Quelles sont vos ambitions pour les prochaines années ?

Il y a dix ans j’ai lâché un métier d’éditrice passionnant pour en exercer un autre que je considère aujourd’hui comme un privilège immense tant il est source de richesses. C’est une grande joie de faire cette expérience de manière professionnelle et sans sentimentalisme. Nous avons créé une fondation importante en France mais petite dans le monde. Et faute de moyens nous refusons de nombreux projets. Tout ce que l’on a appris en dix ans de travail nous sommes prêts à le mettre gratuitement à la disposition de philanthropes ou de fondations. Ne pas rester dans son coin mais travailler avec d’autres comme nous l’avons fait avec la fondation suisse Oak Foundation ou Synergie Solaire pour faire mieux et plus c’est aussi cela ENSEMBLE.

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