Colombie : la fabuleuse cargaison du San José attise les convoitises (suite)

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Discution au sujet du San Jose à Buenos Aires lors de l’investiture de Mauricio Macri entre Morales, Correa et Santos

Quelques jours après l’annonce par la Colombie de la découverte de l’épave de ce vaisseau espagnol coulé par la marine anglaise en 1708, Madrid, mais aussi une société américaine spécialiste des trésors sous-marins, réclament leur part du butin.

 

source : lefigaro.fr

Le président colombien avait voulu l’annoncer lui-même sur Twitter, samedi dernier. Une équipe colombienne a localisé le San José au large de Carthagène.

Il s’agit d’un navire coulé lors d’une bataille avec les anglais en 1708. Venant du Panama, il transportait une importante quantité de richesses provenant en grande partie du Pérou et destinées à la couronne d’Espagne. La valeur de la cargaison est estimée à plusieurs milliards de dollars. Madrid a surpris en revendiquant des droits sur le navire et son trésor.

Les confidences du président colombien

Le président Juan Manuel Santos et le roi Juan Carlos ont eu un échange sur le sujet en marge de l‘investiture du nouveau président argentin, Mauricio Macri, à Buenos Aires la semaine dernière. «Ils se sont réveillés tôt pour réclamer le galion», a lancé le roi au chef de l’État colombien qui a rapporté cet échange en fin de semaine: «Je lui ai répondu: Oui majesté. Dieu aide celui qui se réveille tôt.» Le président péruvien était présent et aurait rappelé que «à propos du galion, on dit que l’argent venait du Pérou» raconte le président Santos qui leur aurait dit: «Vous savez quoi? Dans mon pays, ils m’ont interdit de vous adresser la parole à tous les deux!». Le président équatorien qui n’était pas loin est alors intervenu pour proposer: «Ce trésor, nous devrions le distribuer entre les pays sud-américains».

La revendication espagnole sur le trésor du San José a été mal perçue en Amérique latine. Elle est interprétée comme la manifestation d’un esprit néocolonialiste de la part de l’ancienne puissance occupante qui a, pendant trois siècles, très largement exploité les richesses naturelles de la région, contribuant ainsi à la puissance de la couronne d’Espagne. Si le bateau est bien espagnol, les richesses qu’il transportait venaient du sous-sol sud-américain. «Au-delà du manque de fondement juridique de la revendication espagnol sur le San José, c’est une attitude sans vergogne qui prétendrait que tout ce qui existe en Colombie et en Amérique (latine) appartiendrait à la couronne d’Espagne pour des raisons de liens historiques» estime Gonzalo Castellanos, éditorialiste pour El Tiempo.

Cette controverse hispano-colombienne intervient alors que la Colombie vient d’obtenir, grâce à Madrid, l’exemption de demande de visa pour entrer dans l’espace Schengen, à la plus grande satisfaction des autorités colombiennes. Le journal espagnol El Pais a demandé dans un éditorial à son gouvernement de renoncer à toute prétention sur galion San José et sa cargaison.

Une société privée américaine réclame, elle aussi, sa part du gâteau. Il s’agit de la Sea Search Armada (SSA) que le gouvernement colombien avait chargée, à la fin des années 1970 de rechercher le San José. Bogota a estimé que les coordonnées fournies par la société spécialisée dans la recherche d’épaves ne correspondaient pas au bateau recherché. Une longue bataille juridique s’est terminée devant une cour de l’État de Washington qui a donné raison à Bogota.

Mais ces derniers jours, la SSA a revendiqué de nouveau sa part du gâteau, demandant de vérifier si les coordonnées de l’épave trouvée par les équipes colombiennes fin novembre ne correspondent pas à celles communiquées par la société en 1981. Le président colombien a vivement réagi à cette nouvelle revendication: «Je veux rejeter de façon claire les accusations portées contre le peuple colombien par la Sea Search Armada sur CNN.»

Le galion transportait 200 tonnes d’or, de l’argent, des émeraudes. Le trésor est évalué à 5 à 10 milliards de dollars. Selon l’historien Rodolfo Segovia, le San José avait quitté Portobelo au Panama accompagné d’un convoi d’une dizaine de navires en mai 1708. Il acheminait ces chargements vers Carthagène, principal port d’exportation vers l’Espagne des richesses exploitées en Amérique latine.

Une réponse à “Colombie : la fabuleuse cargaison du San José attise les convoitises (suite)

  1. À vos scaphandres la pêche miraculeuse va commencer

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