Lamas, temple du Soleil et Machu Picchu : voir le Pérou comme Tintin

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Si on pensait avoir tout lu et tout vu sur le Pérou, ce n’est rien comparé à sa découverte in situ. Ce n’est pas qu’un pays, c’est une civilisation mêlée à un paysage sorti tout droit d’un livre d’aventures.

source : .parismatch.com

par Juliette Camus

Sans compter la gastronomie, une des meilleures du monde… Tour d’horizon des terres incas qu’il faut avoir foulé au moins une fois dans sa vie.

Cusco – une ville inca un peu mégalo

C’est ici que tout commence : la naissance du monde selon les Incas. La ville est classée au patrimoine culturel mondial de l’Unesco et ce n’est pas pour rien. C’est un point central de la découverte du Pérou et de leur culture. Tout est né de ce dédale de rues aux façades ibériques, où l’on croise des enfants endimanchés aux couleurs de leur école ou à la mode inca dont la fierté semble inébranlable. La culture est partout, même dans l’assiette où la saveur du ceviche de poisson n’a pas d’égal. Au restaurant Limo, qui donne sur la Plaza des Armas de Cusco, on a réussi ce parfait alliage entre la cuisine nippone et péruvienne avec un ceviche façon sashimi. Une place qu’on aurait pu trouver dans Tintin, avec ses perspectives castillanes aux façades de bois ciselés sous la surveillance de Pachacutec, l’empereur inca qui urbanisa Cusco. En se promenant dans les ruelles alentour, il faut visiter l’ancien monastère aujourd’hui transformé en hôtel. On peut y dormir comme un hidalgo, mais si on n’a pas sa bourse, on peut aussi y diner ou juste entrer pour jeter un coup d’œil à la somptueuse déco coloniale. Les Espagnols ont largement colonisé la ville jusqu’au temple du Soleil (Coricancha). Là où les Incas avaient inscrit leur culture dans la pierre, en partie détruite par les Dominicains pour y construire le couvent Santo Domingo. Initialement recouvert d’or, le public a pu constater à sa réouverture l’ignominie espagnole et la destruction d’une culture millénaire, heureusement préservée ailleurs au Pérou.

Voir le Machu Picchu et mourir

C’est monumental et inattendu. Cette cité inca construite en 1414 au carrefour de l’Amazonie et de la Vallée Sacrée est une merveille époustouflante de beauté. On a beau l’avoir vu des centaines de fois en photo, ce n’est rien face à l’émotion ressentie. Une sensation de vertige face à l’immensité de cette civilisation disparue est quasiment palpable dès qu’on y met les pieds. Depuis que l’accès en est restreint à 2500 visiteurs par jour, c’est définitivement plus agréable de parcourir la cité sacrée restée intacte et accueillait autrefois 600 habitants. Pour y aller, mieux vaut réserver et éviter de faire étape à Aguas Calientes en contrefort du Machu Picchu. Préférez Ollantaytambo, un joli petit village plus en amont dans la Vallée Sacrée d’où l’on peut prendre le train pour rejoindre la cité inca. Le must est définitivement le Hiram Bingham – tiré du nom de celui qui a découvert le Machu Picchu en 1911- dans lequel on peut déjeuner et diner grand luxe. (815 euros aller/retour dans la journée). Sinon avec Perurail, il y a des alternatives moins chères avec un trajet à 126 euros aller/retour. Enfin, pour les mordus de rando, il y a aussi le chemin des incas qui traverse l’Amérique du Sud et qui arrive au Machu Picchu et il n’y a pas de meilleure récompense que celle de contempler la cité à son arrivée, lamas inclus.

Une Vallée Sacrée vraiment sacrée

Par delà la vallée, on traverse Urubamba, une véritable ville péruvienne très traditionnelle où il est commode de faire étape. L’hôtel Tambo del Inca (le refuge de l’Inca) porte bien son nom avec sa cheminée monumentale en pierre qui trône dans le hall. Ce 5* est un havre de paix et de bien-être respectant sans fausse note les codes architecturaux de la culture Inca, tout de bois et de pierre, dans laquelle on a tout de suite envie de se fondre. Située près de la rivière, la piscine en contrefort de la montagne offre un spectacle inouï de beauté, surtout la nuit lorsque la voute céleste s’illumine. D’ici, les sites de Ollantaytambo (notre préféré), Pisac et Moray sont à distance raisonnable et tous valent le détour pour se rendre compte de l’ingéniosité des innovations agricoles du peuple inca – comme la culture en terrasse de produits à différentes températures – quasiment avant-guardiste pour l’époque. Plus près de Cusco, faire un petit tour à Chinchero pour ses ateliers de coloration naturelle à base de plantes et de tissage dont seules les Péruviennes ont le don.

Arequipa – La belle endormie

A 320 km au sud à vol d’oiseau de Cusco se trouve Arequipa, une petite ville aux toits plats et à la place centrale luxuriante de palmiers. Calme et typique, c’est une ville à taille humaine avec ses rues pavées aux facades basses blanchies et sa basilique illuminée la nuit comme un faste palais exotique. Impossible de quitter la ville sans visiter le couvent Santa Catalina, le plus grand au monde, dont il ne faut pas se fier au nom car il s’agit plutôt d’une ville dans la ville que d’un lieu de culte. C’est un labyrinthe de petites maisons imbriquées aux intérieurs spartiates habitées par près de 500 sœurs carmélites à partir du XVIe siècle. Aujourd’hui, on peut le visiter presque en entier, exceptée la partie active du couvent où des religieuses continuent d’observer leur culte dans le plus grand secret.

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Le Train Belmont – le luxe en mouvement

Pour parcourir les sites Incas et leurs villes principales, on peut prendre le Belmont, un train ambiance Orient-Express qui fait la liaison entre Arequipa et Cusco et fait étape au lac Titicaca. Le cadre est très luxueux – façon début du XXe siècle – avec ses couchettes étroites, son wagon piano-bar et son restaurant aux boiseries soignées. On serait prêts à résoudre une enquête avec Agatha Christie mais finalement c’est le paysage des vallées et des petits villages qui laisse béat d’admiration. La cuisine est à tomber, et heureusement, car le voyage peut être éprouvant quand on passe les 5000 mètres d’altitude. Le personnel est habitué aux clients affectés et les stops sont les bienvenus pour s’acclimater. Celui au lac Titicaca à Puno avec sa virée en bateau sur les villages des 1005 îles flottantes Uros puis à Taquile (un village au beau milieu du lac), permet de s’imprégner d’une culture ancestrale presque intacte. La meilleure étape reste celle du village de Raqchi à 3500 mètres d’altitude où un village entier et son temple ont été découvert le long du « chemin des Incas », celui là même qui mène au Machu Picchu.

Une gastronomie au sommet

Le Pérou, c’est aussi pour une cuisine dont la renommée n’est plus à démontrer. Le ceviche à base de poisson cru est le plat le plus emblématique mais à la traversée des terroirs, les subtilités de la gastronomie péruvienne semblent infinies : mention spéciale au lomo saltado (bœuf sauté aux oignons et poivrons) et à la soupe de crevettes (sopa de camarones) dont les saveurs restent gravées sur les papilles à jamais. Les « Picanteria », ces auberges traditionnelles originaires d’Arequipa où est servie la Chicha, une boisson fermentée à base de maïs, reflètent cet immense patrimoine culinaire ouvert à toutes les classes sociales. Si on s’éloigne des villes, on peut découvrir dans les petits villages et particulièrement sur les rives du lac Piuray au nord de Cusco, la « pachamanca », ce grand plat des Andes cuit à l’étouffée à même la terre mêlant patates douces, maïs, viandes et légumes. Un vrai retour gustatif aux racines incas.

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Préparer son voyage au Pérou

Quand venir ?

Plutôt entre janvier et juin, pour éviter la grisaille de Lima et profiter d’une température agréable dans l’intérieur des terres.

Où dormir ?

En arrivant à Lima : au Westin pour une situation centrale dans Lima ou au AC Hotel by Marriot à Miraflores, proche du quartier branché du Barranco près de l’océan. (Ne pas oublier de visiter le fabuleux musée Pedro de Osma).

A Cusco : Au Palacio del Inka près du convent saint-Dominique dans le centre historique, on peut tout faire à pied

A Arequipa : à la Casa Andina Premium en face du couvent Santa Catalina et à deux pas de la Plaza de Armas.

Comment visiter ?

Pour visiter tous les points d’intérêts, le «Boleto Turistico Del Cusco» coûte 130 Soles (35 euros) et permet de visiter 16 lieux en 10 jours dont Moray, Pisac, Chinchero et Saqsaywaman sur les hauteurs de Cusco.

Pour préparer un circuit entre les principales villes, Evaneos propose les services d’une guide francophone locale pour optimiser vos trajets et visites : Evaneos by Nathalie. D’autres tour-opérateurs proposent également des circuits comme Terre d’Aventures ou Comptoir des voyages pour voyager seul, en groupe ou en comité d’entreprise.

Comment y aller ?

Air Europa propose un allers/retour à partir de 619 euros avec une escale à Madrid, jusqu’à 8 vols/jour www.aireuropa.com

Air France propose un aller/retour direct à partir de 1006 euros.


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