Le coronavirus menace les peuples autochtones, il est essentiel de les protéger aussi!

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Il est vital de respecter la volonté de certains peuples de ne pas être contactés.

source : huffingtonpost.fr

À l’heure où l’épidémie du Covid-19 est planétaire, les peuples autochtones sont l’un des groupes les plus vulnérables au virus. Si cette crise sanitaire nous rappelle que nous sommes tous connectés, elle met aussi en avant à quel point il est vital de respecter la volonté de certains peuples de ne pas être contactés.

Les peuples autochtones non contactés

Stafford Lightman, de l’université de Bristol, a déclaré à propos de ce qui s’est passé lorsque l’on a contacté des peuples autochtones non contactés: ” L’une des conséquences d’une infection qui touche une communauté entière est que très peu de personnes seront épargnées, et comme elle touche tout le monde en même temps, personne ne pourra chasser ou collecter de la nourriture, et même si quelqu’un peut le faire, il n’y aura personne pour la préparer. Par conséquent, non seulement ils seront malades, mais personne ne pourra les soigner ou les nourrir, avec les graves conséquences que cela aura sur la capacité du groupe à continuer à survivre sans aide extérieure.”

Il faut protéger les peuples non contactés; des populations entières sont anéanties par la violence des étrangers qui leur prennent leurs terres et leurs ressources, et par les maladies comme la grippe et la rougeole contre lesquelles ils n’ont pas d’immunité. Imaginez la menace que représente le coronavirus multipliée par toutes les pathologies des sociétés industrialisées réunies. Et pour couronner le tout, Bolsonaro a confié à Ricardo Lopes Días, un missionnaire évangéliste, la responsabilité de l’agence d’État qui doit protéger leurs territoires. Quant au gouvernement du Pérou, il n’en fait toujours pas assez pour protéger les peuples non contactés dans le Napo Tigre, en Amazonie péruvienne. Partout dans le monde, ils sont menacés par l’avancée de la frontière agro-industrielle et par les missionnaires religieux qui cherchent à forcer le contact.

Nous faisons partie d’un tout

Nous sommes tous dans le même bateau, nous appartenons tous à une même communauté. Les peuples autochtones ont toujours été conscients de cela. Nous sommes interdépendants.

Ce qui arrive à un commerçant dans la province chinoise de Wuhan a des répercussions sur la vie quotidienne d’un pêcheur à Lima. Chaque arbre coupé en Amazonie, chaque leader autochtone tué ou maltraité en Colombie, au Congo ou en Inde a un impact sur la biodiversité, sur tous les êtres humains contemporains et sur les générations à venir.

Les peuples autochtones: information et vulnérabilité

Au Mexique, ils informent sur le coronavirus dans les langues autochtones. En Colombie, ils ont fermé deux parcs nationaux pour éviter qu’ils n’infectent les communautés. Mais au Guatemala, le premier décès dû au coronavirus a été celui d’un autochtone. Ils savent déjà que la planète est malade, mais les gouvernements devraient éviter de les exposer. “La situation sanitaire des peuples autochtones, due aux maladies infectieuses introduites, est déjà grave en raison de leur forte prévalence et du très mauvais service de santé. Le coronavirus aggraverait encore cette situation” a déclaré l’anthropologue Beatriz Huertas. Les peuples autochtones sont l’un des groupes les plus vulnérables au Covid-19.

Apprendre à valoriser la sagesse autochtone

Les peuples autochtones et tribaux ne sont pas primitifs. Ils ont des technologies, des lois, une éducation, des religions et des structures sociales, politiques et économiques. Ils ont développé de nombreux médicaments utilisés aujourd’hui par les sociétés industrialisées et leurs connaissances botaniques sont inestimables. Les plantes ont joué un rôle essentiel dans le développement de près de 50% des médicaments actuels. Comme l’aspirine, qui provient de l’écorce du saule blanc que les autochtones nord-américains faisaient bouillir pour soigner les maux de tête.

Comprendre la véritable histoire de la colonisation

Un autochtone de l’Amazonie nous a déclaré: “Beaucoup de Yawanawás sont morts de la grippe et d’autres maladies qu’ils ne connaissaient pas. Nos chamanes ne pouvaient pas les guérir.” 

N’oublions jamais la pandémie de 1492 car elle ne cesse de se reproduire. La plus grande catastrophe démographique de l’histoire, le vecteur du génocide américain, vient, en plus de la violence des conquistadors, de la propagation de la grippe et de la variole par quelques Européens.

La quarantaine ne doit pas seulement servir à nous guérir et à prévenir l’infection, mais aussi à nous souvenir et à agir.