« Le monde est à nous » : les enfants sont l’avenir de l’homme

Share

Il s’appelle José. Il a 13 ans, le visage lisse, la coiffure sage d’un bon élève, et une détermination souriante tout à fait confondante.

source : lesechos.fr

C’est à 7 ans que ce gamin d’Arequipa, petite ville du Pérou, a conçu l’idée… de créer une banque à usage des enfants de son quartier. Le but : protéger la nature, et aider les plus pauvres à se nourrir. C’est tout simple : ses petits camarades doivent ramasser les déchets qui partout envahissent les rues, cours et terrains vagues, et les apporter (par chargements d’un minimum de 5 kilos) à un centre qui se charge de les vendre à des entreprises de recyclage. En échange, ils reçoivent une monnaie permettant d’acheter des produits à la banque, ou d’avoir de l’argent réel. Au fil des ans et des harangues, quelque 3.000 gosses de 10 à 18 se sont laissés séduire, bien au-delà du quartier de José. Et José le banquier, vite soutenu par son père devenu son secrétaire, s’est retrouvé l’an dernier… à Stockholm, pour recevoir une récompense dans la salle même où se décerne le Nobel.

Le jeune Péruvien n’y était pas seul. D’autres enfants y furent aussi fêtés. Tous aussi incroyables d’énergie, d’intelligence, et de conviction, tous oeuvrant pour que les autres, enfants ou adultes, vivent mieux. Venus, comme lui, de pays écrasés par la pauvreté et l’obscurantisme. De New-Delhi, en Inde, pour Heena, 11 ans, qui, aidée par des associations, fait la classe aux jeunes illettrés et anime un journal écrit par des enfants des rues qui y racontent leurs expériences et leurs espoirs. De Potosi, en Bolivie, pour Kevin, Jocelyn et Peter, respectivement 10, 12 et 13 ans, fondateurs d’un syndicat pour la protection des enfants (innombrables) qui travaillent avant l’âge légal, exploités et sous-payés, dans les mines et les briqueteries. De Conakry, en Guinée, pour la sidérante Aïssatou, 12 ans, au verbe haut et fort, au discours aussi maîtrisé que convaincant, qui, micro en mains, écume les marchés pour persuader les filles de refuser les mariages forcés avant 18 ans – on la voit même, avec l’aide de la police, barrer la route à un cortège, en route pour la noce, et obtenir l’annulation de l’union prévue… entre une promise de 14 ans et son cousin de 34 ans. Et même… de Cambrai, en France, pour le petit, timide mais obstiné Arthur, 10 ans, qui depuis toujours, pleure quand il voit un SDF et a décidé de leur venir en aide : avec le soutien de sa mère, qui l’accompagne dans ses « maraudes », il a choisi de peindre, lui-même, après l’école bien sûr, ses très décoratives toiles dont la vente (entre 50 et 200 euros chacune) lui permet d’acheter des vêtements, des couvertures, de la nourriture qu’il va lui-même distribuer aux sans-abris, en attendant de réaliser son rêve : leur offrir une maison. Impossible pour le spectateur de rester de marbre : on se sent vaguement coupable de ne pas en faire autant…

MON AVIS

Sur les dangers du réchauffement climatique, les scientifiques ont longtemps prêché dans le vide. Jusqu’à ce qu’une petite Suédoise de 15 ans prenne le relais, et nous réveille… Et si notre salut venait de nos enfants ? C’est ce que suggère ici Gilles de Maistre, reporter et documentariste. Certes, en alternant pédagogie un peu pesante et reportages (hélas trop brefs) très instructifs sur l’effrayante pauvreté des pays visités, et en consacrant trop de temps à Stockholm, son montage un peu sophistiqué tarit parfois l’émotion. Mais le film, soutenu par l’Unicef et l’Unesco, étonne et réconforte : il montre que, face aux plus grands fléaux qui rongent notre monde, nos enfants s’annoncent bien plus inventifs, combatifs et, à leur échelle, efficaces, que nous. De quoi retrouver l’espérance !

Une réponse à “

« Le monde est à nous » : les enfants sont l’avenir de l’homme

  1. Juste une correction.
    Arequipa petite ville du Pérou.
    1 million d’habitants !!!

Donnez votre avis en laissant un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.