Le Pérou censure son art de mémoire

Le Musée d’art de Lima souhaitait présenter des œuvres populaires évoquant la sale guerre entre le Sentier lumineux et l’armée. Les autorités ont interdit l’exposition pour « apologie du terrorisme ».

 

source : lemonde 

censure souffle sur le Pérou. Le grief brandi par les censeurs est l’« apologie du terrorisme ». Pas celui des djihadistes, mais celui de la guérilla maoïste du Sentier lumineux, qui précipita les Péruviens dans une terreur sanglante entre 1980 et 2000. Selon la Commission de la vérité et de la réconciliation, ces années de plomb ont fait plus de 69 000 morts ou disparus. Beaucoup ont été pris entre les feux des guérilleros et des militaires engagés dans une « sale guerre ».

L’irruption brutale des maoïstes et des militairesTrois décennies plus tard, des artistes populaires ont voulu témoigner. Le district de Sarhua, berceau du Sentier lumineux, a particulièrement souffert. Cette communauté est connue pour ses tablas peintes sur bois. Ces tablettes, d’abord destinées à décorer les maisons locales, sont devenues des tableaux aux formats plus classiques. Une série d’une trentaine d’œuvres, dues notamment à l’artiste Primitivo Evanan, 73 ans, évoque l’irruption brutale des maoïstes et des militaires dans la vie des paysans.

L’ONG américaine qui les avait acquises les a données au Musée d’art de Lima (MALI). Mais la douane les a saisies fin 2017, sous l’infamante charge d’« apologie du terrorisme ». L’affaire a été transmise à la Direction antiterroriste de la police. Depuis, le MALI a récupéré les tableaux, mais ils restent interdits au public.

Un tabloïd a lancé la polémique, en janvier, titrant sur un « projet d’exposition proterroriste » déjoué par les autorités. La controverse a mobilisé des partisans de l’ancien autocrate Alberto Fujimori (1990-2000), condamné pour crimes contre l’humanité, qui a bénéficié en décembre 2017 d’une grâce présidentielle. Les fujimoristes revendiquent sans états d’âme leur victoire contre les ­terrucos (terroristes). La chroniqueuse Cecilia Blume, proche de l’ancien président Pedro Pablo Kuczynski, s’est prononcée, elle aussi, contre la présentation des tableaux de Sarhua,…

 

2 réponses à “

Le Pérou censure son art de mémoire

  1. Allons allons du calme Carmen il sera difficile de faire croire qu’il n’y a pas eu une guerre civil qui a durée dix ans au Pérou. N’oublions pas qu’en réponse au terrorisme de Guzman il y avait un terrorisme d’état. Beaucoup ont été blessés dans leurs chairs à cause de Guzman mais beaucoup aussi l’on été à cause des para-militaires gouvernementaux appelé Sinchis. Il ne faut pas fuir la vérité et la réconciliation commence par la connaissance objective des faits. La représentation artistique n’est pas là pour embellir tel ou tel acte. La censure est toujours mauvaise conseillère et ne permet pas le débat pluraliste.

  2. Je suis désolée de lire qu’au Pérou a eu un guerre civile CAR c’est contraire à la verité. Abissmael Guzman est un TERRORISTE; Mettre des bombes à des endroits communs, tuer des innocents c’est pas du terrorisme, vouloir imposer ses idées à coups de bombes et assasinats, comment appelle-t-on ca en France?

Donnez votre avis en laissant un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.