Le potentiel des céréales produites au Pérou

Share

Au Pérou, les céréales, qu’elles soient vouées à l’exportation ou à la consommation interne, pourraient jouer un rôle important dans le développement économique et social du pays.

source : sosfaim.be

Mais les autorités péruviennes ne semblent pas avoir pris la mesure du potentiel du secteur céréalier.

Le produit le plus exporté par le Pérou est le café, entre autres le café bio. Viennent ensuite les asperges et divers fruits et légumes. Mais la promotion des céréales ou d’autres produits locaux généralement assimilés aux céréales (quinoa, amarante), ne semble pas constituer une priorité pour le gouvernement péruvien. Différentes finalités Au Pérou, les céréales, et d’autres plantes apparentées, ont différentes finalités. Certaines d’entre elles, comme le quinoa ou le kiwicha (amarante), sont presque exclusivement exportées, bien qu’elles ne représentent pas, comparées à d’autres cultures de rente, de vastes cultures d’exportation. Leurs finalités exportatrices les rendent assez chères pour le marché local.

Les quantités produites sont encore faibles, mais elles permettent néanmoins aux producteurs de générer davantage de revenus en les commercialisant sur le marché international. Les autres céréales – comme le blé, l’orge, le maïs, etc. – participent quant à elles directement aux stratégies de sécurité alimentaire en étant autoconsommées et/ou vendues sur le marché national. Le Pérou produit également du riz, mais ne l’exporte pas parce qu’il n’est pas concurrentiel sur le marché international. Les politiques que le gouvernement devrait mettre en place doivent prendre en compte ces différentes finalités et leur impact sur les producteurs. Selon Sonia Salas Dominguez, présidente du Réseau agro-industrie rurale du Pérou (Redar), « les différentes variétés de céréales, ainsi que le quinoa et le kiwicha, ont un potentiel important, tout comme les légumes, les tubercules, les fruits, les herbes aromatiques et médicinales, etc.

Beaucoup de ces produits issus de la formidable biodiversité péruvienne ne sont cependant pas connus, même à Lima, la capitale du Pérou. » Plusieurs coopératives de producteurs de céréales andines sont appuyées par SOS Faim: entre autres la CECVSI, qui produit du maïs blanc géant dans la Vallée sacrée des Incas; la CCCCH, active dans la province de Chumbivilcas (avec diffé- rentes céréales) et l’Ascenpromul, dans la région de Puno (spécialisée dans le quinoa). Les membres de ces coopératives sont confrontés à des problèmes importants: la micro-production, le morcellement des terres, la faiblesse de l’offre et la faible productivité. Il est très difficile pour un petit producteur d’inté- grer le marché de façon individuelle. En revanche, en groupe, en organisant correctement leur offre, les coopératives ont un pouvoir de négociation supérieur. Elles possèdent également des unités de traitement ou de transformation de ces céréales (en farine, quaker, etc.), indispensables pour générer davantage de valeur ajoutée à leur production.

De plus, plusieurs de ces coopératives partenaires de SOS Faim veulent s’organiser en mettant sur pied une Centrale de producteurs de céréales, afin de défendre le secteur et de promouvoir la commercialisation des produits tant au niveau national qu’international. Rassembler et s’organiser D’après Madame Dominguez, « la vie associative dans les campagnes est fondamentale. Il est nécessaire de rassembler lessavoirslocaux pour réussir ».La présidente de Redar rappelle que « de grandes sommes d’argent ont été investies pour promouvoir le soja, mais des quantités infimes de soja ont finalement été produites, car ce type de culture n’est pasadapté auxréalités péruviennes. Ce projet s’est soldé par un véritable échec (gaspillage d’argent, construction d’installations agro-industrielles inutiles). Il est donc primordial d’intégrer la dimension humaine et le développement humain ».

Selon Reynaldo Trinidad Ardiles, le ré- dacteur en chef de la revue péruvienne Agronoticias, « les céréales ne sont pas parmi les priorités du gouvernement de Lima. Elles ont cependant un potentiel extraordinaire Aujourd’hui, le kiwicha (amarante) est exclusivement destiné à l’exportation (en farine ou dans des mélanges avec du chocolat). Il est malheureusement très cher au Pérou. Le quinoa s’exporte également. Le canigua a trouvé un marché à la suite de la foire internationale Terra Madre de Turin (Italie). Ces cultures ont donc un avenir et les personnes qui les cultivent devraient pouvoir en vivre. » Que veut le gouvernement ? Reynaldo Ardiles juge que « le gouvernement péruvien semble vouloirse comportercomme s’ilsouhaitait que les paysans fassent faillite afin de pouvoir mettre leurs terres à disposition des grandes sociétés transnationales ou des grands investisseurs péruviens ». Les paysans deviendraient leurs ouvriers. « Il serait nécessaire que les hommes politiques péruviens parviennent à se convaincre que ces céréales ont un fort potentiel », conclut Reynaldo Ardiles.

Donnez votre avis en laissant un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.