Le secteur électrique au Pérou

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Un pays autosuffisant en électricité, malgré certains
déséquilibres.

 

source : tresor.economie.gouv.fr

Le Pérou possède d’importantes ressources en hydro énergie, avec un
potentiel évalué à 70 000 MW, dont seulement 5% est actuellement exploité. Il dispose également de ressources non-renouvelables considérables, principalement le gaz naturel, qui s’est développé avec le démarrage de l’exploitation du gisement de Camisea en 2004 et la priorité donnée à cette époque à la construction de centrales thermiques à gaz. La matrice énergétique du pays s’est ainsi modifiée et la part des centrales au gaz naturel est passée de 17% en 2006 à près de la moitié aujourd’hui.
Ces dernières années, le secteur a connu une croissance dynamique, avec une augmentation de la demande de 8% par an en moyenne, soutenue par le développement de l’économie, des infrastructures et des projets industriels (principalement miniers). Cependant, la capacité de production et de transmission électrique n’a pas suffisamment augmenté, se concentre sur le pôle énergétique de Chilca, au sud de Lima, et se retrouve trop dépendante des disponibilités en gaz. En effet, Chilca représente près de 45% de la production nationale d’électricité et dépend entièrement du gazoduc de TGP, qui transporte le gaz naturel depuis Camisea vers la côte, en passant sur plus de 300 km dans la forêt amazonienne.

Après avoir évité une crise d’approvisionnement énergétique en 2009 avec le ralentissement de l’économie, la reprise de la demande entre 2010 et 2012 menace à nouveau l’équilibre du marché et les pannes techniques ou la maintenance des centrales pourraient provoquer d’importantes coupures ou rationnements d’énergie, en raison d’une très faible marge de réserve.

Des perspectives d’investissements importantes, soutenues
par le secteur privé

Pour faire face à cette crise, le ministère a adopté ces dernières années une série de mesures afin de favoriser la construction de centrales hydroélectriques, comme l’attribution de plusieurs contrats d’achat à terme d’énergie hydraulique, pour un total de 1 050 MW. Ces derniers ont notamment encouragé le développement de quatre projets (Cheves de SN Power, Pucará de Engel, Chaglla de Odebrecht et Cerro del Aguila de Kallpa) qui demanderaient 2,2 Mds USD d’investissements et devraient entrer en opération entre 2014 et 2016. De plus, la capacité de transmission, particulièrement critique dans le nord et dans le sud, devrait être renforcée avec le développement du nouveau réseau de transmission de 500 kV. La première ligne, à la charge du groupe ISA, a été mise en service début 2011 dans le centre du pays.

Le secteur privé joue un rôle essentiel sur ce marché (plus de 70% des
investissements et de la production), notamment dans la transmission (100%). Les principales entreprises privées présentes sont d’origine italienne (Edegel du groupe Enel, représentant 23% de la production), israélienne (Kallpa–11%), espagnole (Edelnor du groupe Endesa, 20% de la distribution), nordaméricaines (filiales Egenor de Duke Energy -6% de la production- et Luz del Sur de Sempra Energy -20% de la distribution), colombienne (groupe ISA – 33% de la transmission) et française (GDF Suez avec Enersur, 13% de la production). L’Etat est quant à lui présent principalement dans le domaine de la génération et de la distribution avec l’entreprise publique ElectroPerú (20% de la production, propriétaire de la plus grande centrale du pays : l’hydroélectrique
de Mantaro).
En 2011, les investissements du secteur ont atteint un niveau record de 1,9 Md USD (+37% par rapport à 2010), dont les 2/3 en génération.
Energies renouvelables

Une évolution positive

Malgré un réel potentiel (22 000 MW pour l’éolien et 3 000 MW pour le solaire et le géothermique), le développement des énergies renouvelables non conventionnelles reste pour le moment faible au Pérou, en raison de leur coût de production élevé et de l’abondance de ressources primaire et secondaire.

Dans le cadre de la loi de promotion des énergies renouvelables, adoptée en 2008, le ministère a attribué plusieurs contrats d’achat pendant 20 ans d’énergies renouvelables, pour un total de plus de 600 MW. Une douzaine de mini-centrales hydroélectriques (93 MW) et de biomasse (35 MW) sont actuellement en opération et six projets de mini-centrales hydroélectriques (93 MW), deux centrales éoliennes (110 MW) et quatre solaires (80 MW) sont en construction.

 

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