Le survol des sites incas est contrôlé malgré la pression touristique

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Les opérations aériennes d’Heliamérica, une compagnie de location d’hélicoptères de Cuzco, viennent d’être suspendues temporairement par le ministère péruvien des Transports et des Communications. Les autorités lui reprochent de s’être posé sans autorisation sur le site inca de Choquequirao.

source : .rfi.fr

de notre correspondant régional,

Le site de Choquequirao est un site extraordinaire que l’on présente parfois comme un 2e Machu Picchu. Il est difficile d’accès, au sud de Cuzco. Pour y accéder, il faut y aller en mule ou à pied. Cela prend des jours et donc pour des touristes riches et pressés, la tentation d’y aller en hélicoptère existe.

Protection du patrimoine

Le 15 août dernier, un guide qui montait sur le site a filmé de loin un hélicoptère se posant juste à côté de la place principale de Choquequirao. Comme le guide était beaucoup plus bas, on ne voyait pas l’immatriculation de l’appareil, juste un grand nuage de poussière, mais l’enquête a rapidement déterminé qu’il s’agissait d’un hélicoptère de la compagnie Heliamérica, qui a donc été suspendue.

Les Incas étaient extrêmement habiles dans le travail de la pierre, mais les archéologues de Cuzco notent quand même que leurs monuments sont des structures fragiles, notamment aux vibrations produites par les hélicoptères. Mais il y a aussi en jeu des intérêts économiques : deux heures de survol de Cuzco, des ruines de Pisac et des salines de Maras sont facturées près de 4 500 euros par exemple.

Des abus au Machu Picchu

Mais sur le site emblématique du Machu Picchu, il y a aussi eu des abus de temps à autre. Le 10 novembre 2018, un hélicoptère a survolé le pic connu comme le Huayna Picchu, la montagne jeune, qui domine le Machu Picchu, la montagne vieille. Il est pourtant interdit depuis 17 ans de survoler le Huayna Picchu. C’est une zone très boisée où il vivent de nombreuses espèces d’oiseaux et des ours à lunettes dont on sait que le bruit des hélicoptères peut les perturber et leur faire fuir la zone.

En 2017, un hélicoptère avait survolé sans autorisation la zone de Machu Picchu. Les propriétaires avaient parlé d’erreur alors qu’ils évaluaient l‘héliport d’un hôtel, soi-disant pour voir s’il était utilisable en cas d’urgence médicale.

Il y a bien sûr des cas où les survols sont autorisés. Il y a trois ans, un hélicoptère avait été autorisé à survoler le Machu Picchu pendant quatre jours pour chercher de nouvelles ruines cachées par la végétation. En 2010, il a fallu utiliser des hélicoptères pour évacuer les touristes bloqués par la crue d’une rivière. Donc en cas d’accident, les hélicoptères peuvent survoler des sites archéologiques, mais il leur faut dans tous les cas l’autorisation préalable des autorités.

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