Législatives au Pérou: la campagne émaillée d’incidents et d’irrégularités

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Le président Martin Vizcarra a convoqué des élections extraordinaires le 26 janvier, après la dissolution du Congrès le 30 septembre dernier.

source : rfi.fr

La campagne bat son plein et est marquée par de nombreux incidents et irrégularités, en particulier venant des partis de droite, alliés des fujimoristes, qui cherchent par tous les moyens à discréditer leurs opposants et le gouvernement.PlayCurrent Time0:00/Duration Time0:04Loaded: 0%Progress: 0%0:00Fullscreen00:00Mute

Avec notre correspondante à Lima, Wyloën Munhoz-Boillot

Mardi soir, lors d’un débat entre deux candidats organisé par le journal El Comercio et retransmis en direct sur les réseaux sociaux, le candidat du parti de droite Solidaridad Nacional a offert un morceau de savon à son rival du parti de gauche Juntos por el Peru. Ce geste, le candidat de la gauche l’a immédiatement dénoncé comme une attaque raciste visant sa couleur de peau.

Suite à cet incident, un procureur de Lima a ouvert une enquête pour « discrimination ». Le jury national des élections en a alors profité pour rappeler aux partis et candidats de proscrire tout acte, parole ou geste offensant.

Depuis le début de la campagne, des vidéos et contenus discriminatoires ou diffamatoires sont massivement relayés par les partis et leurs candidats sur les réseaux sociaux. Ainsi par exemple, fin décembre, le parti de droite Solidaridad Nacional a dû retirer une vidéo. Il y comparait ses rivaux de gauche avec des groupes terroristes péruviens.

« Fake news » et réseaux sociaux

À ces attaques personnelles s’ajoutent la diffusion de fausses informations. Opposée à la politique du gouvernement en faveur de l’égalité des sexes à l’école, une candidate fujimoriste a ainsi accusé l’État d’enseigner aux petites filles la masturbation comme moyen d’émancipation.

Dans cette campagne de désinformation, les partis de droite utilisent abondamment les réseaux sociaux qui leur permettent d’échapper à la réglementation à laquelle sont soumis les médias traditionnels en cette période électorale. Ils n’ont par exemple pas hésité à publier sur leur page Facebook de faux sondages les plaçant en tête des intentions de vote, alors même que les sondages sont interdits pendant la campagne.

C’est donc dans un climat délétère que la campagne législative péruvienne entame sa dernière ligne droite, avant les élections du 26 janvier prochain.

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