Les « comptes suisses » de l’ex-président du Pérou

La corruption est au cœur des campagnes électorales de l’ancien président du Pérou Ollanta Humala. Son épouse aurait transféré de l’argent en Suisse.

 

source : tdg.ch

L’épouse de l’ancien chef d’Etat péruvien Ollanta Humala aurait transféré de l’argent sur les comptes suisses de sa belle-sœur, selon un arrêt du Tribunal pénal fédéral (TPF). L’intéressée a tenté en vain de saisir la chambre de recours du Tribunal pénal fédéral, afin d’empêcher que les informations relatives à ses comptes et au contenu de son coffre-fort ne soient publiées. Les autorités péruviennes avaient déposé une demande d’entraide judiciaire, dans le cadre d’une procédure pénale.

La procédure, menée au Pérou, vise notamment Nadine Heredia, l’épouse de l’ancien président, ainsi que d’autres personnes, indique le TPF dans sa décision publiée mercredi. Ollanta Humala a occupé le poste de président de 2011 à 2016. Le parti de ce dernier, le Partido Nacionalista Peruano, aurait perçu des fonds pour ses campagnes électorales menées entre 2006 et 2011, notamment de l’entreprise brésilienne Odebrecht. Ces contributions auraient été accordées par la société, dans l’optique d’être favorisée à l’occasion de futurs appels d’offres.

Achat d’immeubles

Une partie de l’argent aurait effectivement été employée pour la campagne. Une autre partie aurait servi à acquérir des immeubles, toujours selon la décision du TPF. De plus, certains versements auraient été effectués directement sur les comptes de l’épouse, Nadine Heredia.

La belle-sœur de cette dernière a fait recours contre la publication des données relatives à ses comptes, argumentant que les délits poursuivis au Pérou sont de nature politique. Or l’obligation d’entraide judiciaire ne s’appliquerait pas dans ce cas.

Intérêts financiers personnels

Le Tribunal pénal fédéral a jugé cet argument irrecevable. Les délits de corruption mentionnés dans la demande d’entraide judiciaire n’ont pas été commis dans le cadre d’une véritable lutte de pouvoir au sein de l’Etat péruvien.

Ces délits concernent, du point de vue de la cour, bien davantage les intérêts économiques et financiers des parties prenantes. Le fait qu’il y ait eu blanchiment d’argent de la part d’un parti politique n’implique pas que cette affaire revête un caractère politique prépondérant. (ats/nxp)

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