Les évêques appellent la classe politique à l’unité

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« C’est le pire moment pour provoquer une nouvelle crise », affirme sans détour la conférence épiscopale péruvienne (CEP) dans un communiqué publié mardi 4 août.

source : theworldnews.net

Le même jour, le congrès du Pérou a refusé de voter la confiance au gouvernement de Pedro Cateriano, le contraignant à démissionner de son poste de premier ministre. « Notre pays bien-aimé vit des moments de grande souffrance et de douleur à cause de la pandémie. Des milliers de familles en subissent les terribles conséquences », soulignent les évêques.

Plus de 20 000 morts du Covid-19

En effet, le Pérou est l’un des dix pays les plus touchés par le coronavirus, comptant plus de 14 000 cas par millions d’habitants et plus de 20 000 morts. Critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire, le premier ministre Vicente Zeballo avait dû démissionner le 15 juillet, laissant sa place à Pedro Cateriano. Ce dernier, contraint à la démission après son échec devant le congrès, ne sera resté en poste que trois semaines, illustrant une nouvelle fois la fracture politique du pays.

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Dans ce climat d’instabilité politique chronique, l’épiscopat péruvien a exprimé ses fortes inquiétudes. Ils affirment leur conviction que seul l’union devant la grave crise sanitaire à laquelle fait face le pays pourra permettre au Pérou de s’en sortir. « La classe politique doit mettre de côté ses différends et se montrer à la hauteur, en donnant la priorité à la vie des Péruviens, en recherchant exclusivement le bien commun, en répondant aux besoins de la population, en tenant compte du chômage qui touche des millions de Péruviens et de la souffrance de tant de nos frères et sœurs, en particulier les plus vulnérables », plaident les évêques.

Ils rappellent notamment les mots du Pape François, prononcés le 27 mars lors de sa prière pour le monde face à la pandémie : « nous nous trouvons dans la même barque… nous ne pouvons pas aller de l’avant chacun tout seul. » Contre les « intérêts partisans », les évêques exhortent « toutes les forces politiques » à rechercher prioritairement « le bien-être des Péruviens. » Ils encouragent vivement les autorités du pays à mettre en place une politique construite « sur base du dialogue, de la bonne foi et de l’intention juste. »

L’Église engagée dans la lutte contre l’épidémie

Dans cette crise, l’Église péruvienne tire une légitimité certaine de son activité dans la lutte contre l’épidémie. Dans ce pays à majorité catholique (environ 70 % de la population), de nombreuses congrégations religieuses ont mené des actions sur le terrain : fabrication de masques, distribution alimentaire, soins médicaux, service d’écoute…

En outre, dès le 22 avril, les évêques de l’Amazonie péruvienne ont appelé les autorités à garantir une protection sanitaire et alimentaire aux peuples indigènes, la population « la plus sans défense face à cette pandémie ». Ils avaient alors affirmé : « L’Église est toujours vivante et sa charité ne se repose pas. C’est pourquoi nous mettons nos structures à la disposition des soins de santé de la population. »

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