Les Nascas et l’eau

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6.3 FONCTION DE CERTAINES FIGURES GEOMETRIQUES.

par Jacky Galvez

épisode N°17

Certaines images, comme celles des pages 41 et 42 ou celles des pages suivantes, laissent à penser que certains « ensembles », e/out figures géométriques, devaient être réservés à la culture ou l’agriculture.

Je n’ai trouvé aucune trace de lignes ou de figures géométriques sur les versants où au bas desquels il n’y avait pas de cultures, il est fort probable que ces « ensembles » étaient liés aux cultures, ou plus exactement à leurs systèmes d’irrigation.

On peut voir sur cette image que d’anciennes lignes et des systèmes d’irrigation vont vers les rectangles que l’on voit dans les cercles :

Ces rectangles sont d’anciennes serres (contemporaines), aujourd’hui à l’abandon, faisant entre 140 et 200 m de longueur pour une largeur commune à toutes de 11 m.

Le fait qu’elles soient situées sur d’anciennes lignes et soient alimentées par d’anciens systèmes d’irrigation peut laisser penser que certaines des anciennes figures géométriques servaient peut être aussi à la culture.

6.4 FONCTION DES « ENSEMBLES »

Comme l’on sait il y a eu à une période une grande sécheresse, celle-ci ce situerait entre -200 avant notre ère et 400 ap. JC., qui a certainement réduit considérablement les apports en eau des aqueducs et des rivières, et peut être aussi des séismes qui ont affectés ces installations les privant d’eau, il a donc fallu aller chercher l’eau là où elle se trouvait.

Je pense que ces « ensembles » avaient deux fonctions liées à l’eau, la première étant de récupérer et canaliser les eaux de pluie et la seconde de condenser la vapeur d’eau.

6.4.1 Récupérateurs des eaux de pluies

a – Principe

Sur un terrain, quel qu’il soit, les aspérités de celui-ci freinent l’écoulement naturel de l’eau, comme les cailloux, les déformations, les roches, la végétation, etc. et par ce fait l’eau s’infiltre plus facilement dans le sol aux endroits où elle est ralentie dans son parcours avec la possibilité de ne pas pouvoir la récupérer.

Si l’on enlève tous ces obstacles, la végétation il n’y en a presque pas sur ces plateaux donc c’est plus facile,  et que l’on fait des rigoles l’eau va pouvoir s’écouler bien plus facilement vers l’endroit que l’on veut qu’elle aille.

On sait qu’il ne pleut presque jamais dans la région de Nasca et la moindre goutte d’eau est précieuse, en débarrassant de grandes surfaces situées en hauteur de tout ce qui peut permettre à l’eau de s’infiltrer dans le sol et en faisant des rigoles, ou canaux, on peut récupérer un maximum d’eau, un peu comme la toiture d’une maison et ses chenaux.

b – Méthode

Après avoir débarrassé certaines surfaces des cailloux ceux qui ont réalisé ces « ensembles » ont dû damer le sol en le piétinant afin de le rendre encore plus dur et donc moins imperméable, de plus le sol étant composé de silice et de gypse cela devait faire comme une couche de plâtre, comme on peut le deviner sur l’image ci-dessous.

Nous avons vu que ces « ensembles » étaient situés soit sur des plateaux avec des liaisons vers le bas de ceux-ci et les installations liés à l’eau, soit sur des flancs peu pentus au bas de collines sur lesquelles se trouvent des aqueducs, lors des rares pluies les grandes surfaces plus ou moins planes devaient servir de réceptacle de l’eau et les réseaux de lignes permettaient de la canaliser en la concentrant soit vers les crevasses, soit vers la base des grandes figures géométriques qui étaient directement connectées aux systèmes de récupération et les aqueducs.

Mais enlever toutes les pierres leur aurait fait perdre une autre source d’eau précieuse.

6.4.2 Condenseurs d’eau

Comme je l’ai également exposé la région de Nasca est propice à la formation de grandes quantités de rosée, elle rassemble tous les éléments nécessaires pour cela, il suffisait de « domestiquer » cette rosée.

Pour favoriser la production d’eau à partir des éléments naturels, humidité, différence de chaleur, formation de brume et condensation, les Nascas ont peut être fabriqué d’immenses « condenseurs » de rosée.

Nous avons également vu que sur le plateau de Nasca il a été trouvé des centaines de milliers de débris de poteries et céramiques, et que ces éléments ont un haut pouvoir d’hydrogénèse, et le plateau de Nasca est également parsemé de cailloux emmagasinant de grandes quantités de chaleur, il est probable que les Nascas aient volontairement brisé des poteries et des céramiques et aient éparpillé leurs débris parmi les pierres, laissées volontairement à l’intérieur des « ensembles » et entre les sillons, pour augmenter le phénomène de production de la rosée.

En laissant des surfaces parsemées de cailloux (entre les diverses lignes d’un « ensemble »), en y mélangeant des débris de poteries, les Nascas pouvaient en dehors des pluies récupérer l’eau formée par la rosée.

Les divers « ensembles » devaient servir, comme pour l’eau de pluie, à canaliser la condensation de l’eau vers les vallées et les systèmes liés à l’eau.

Comme je l’ai expliqué ces sillons suivent l’inclinaison des pentes, la rosée formée dans les espaces remplis de pierres devaient s’écouler dans les sillons et suivre le dénivelé jusqu’aux crevasses de ruissellement, dans lesquelles ils avaient également damé des parties pour canaliser cette eau, comme on peut le voir sur l’image de la « piste d’atterrissage ».

Peut être que les « zigzags » et « lignes » jouaient également un rôle d’accélérateur dans le refroidissement du sol par la circulation même de l’eau condensée, ou provenant d’un autre « ensemble », ou d’une source située au sommet de la figure de base, et ainsi favoriser une plus grande condensation de la brume à l’intérieur même d’un « ensemble ».

Cette canalisation intensive de l’eau expliquerait peut être aussi l’érosion aux extrémités des plateaux ayant entrainé un effondrement des bords où l’on voit que certaines figures ont été effacées ou « rognées » et la cause de certaines crevasses ou creux dans certaines figures, ce qui a dû entrainer des modifications dans les lignes et l’adjonction d’autres figures comme les petits triangles pour diriger à nouveau l’eau dans la bonne direction, comme expliqué plus haut.

Exemple :

6.4.3 Autres possibilités

a – « Attrape-nuage »

Il est possible qu’ils aient aussi installé des « attrape-nuage » sur ces « ensembles ».

Ou tendu des tissages comme des toiles d’araignées au-dessus de ceux-ci pour condenser les brumes.

b – Autre système possible.

Peut être que les Nascas ont tendu au-dessus de certaines surfaces géométriques des tissus sur lesquels ils auraient posé des pierres, ou des débris de céramique et/ou poteries, pour permettre la condensation de la rosée, ou des brumes, et de récupérer celle-ci dans les rigoles situées en-dessous.

6.4.4 Spirales, dessins et certaines lignes

a – Spirales et dessins

Je n’ai pas trouvé la fonction des spirales et dessins associés à chaque ensemble, peut être que ceux-ci avaient une signification avec la destination de l’eau ainsi récupérée (stockage, cultures, etc.) ou définissaient l’appartenance d’un « ensemble » à un groupe d’individus, ou tout simplement un rapport avec les saisons et la pluie, on trouve de nombreuses représentations animales sur les céramiques et tissus trouvés à Cahuachi peut être une vénération en rapport avec ces représentations.

Les spirales et dessins auraient, pour certains chercheurs, une fonction liée aux processions, si cela est possible sur certaines figures ce n’est  pas applicable à toutes les spirales et tous les dessins, les « ensembles » ont été faits sur des surfaces planes sur lesquelles il a été utilisé le maximum d’espace disponible pour les créer, de par ce fait leurs tailles sont très variables elles peuvent aller de quelques dizaines de mètres à plusieurs centaines de mètres et dans les petits « ensembles » la taille des spirales, ou des dessins, ne permet pas que l’on puisse y procéder à des processions, l’espace entre les sillons étant très faible les personnes se seraient heurtées lors de leurs croisements au cours de leurs déplacements dans ces spirales ou dessins, elles devaient avoir une autre fonction.

b – Certaines lignes

Comme nous l’avons vu certaines lignes sont des chemins, et d’autres ont dû servir à tracer les « ensembles » et dessins.

 La région de Nasca étant située dans une région très sismique, et les Nascas ayant été confrontés à plusieurs reprises à de violents séismes, il est possible que certaines lignes aient pu servir à contrôler la stabilité des « ensembles », en cas de séisme par exemple, en y faisant circuler de l’eau comme dans un niveau à bulle, et de permettre de les réorienter en fonction des éventuels dégâts occasionnés.

c – Traçage de certaines lignes

On peut voir à l’intérieur de certaines lignes des « points », ceux-ci ont dû servir à tracer les lignes qui coupent le plateau de Nasca de part en part, en y plantant des pieux, en alignant trois pieux on peut ainsi positionner le suivant et ainsi de suite.

Certains ces « points » ont un diamètre supérieur à tous les autres, peut être qu’ils étaient destinés à y faire grimper une personne pour effectuer visuellement l’alignement des pieux et ainsi obtenir une parfaite ligne droite.

On peut également y voir à certains endroits où se trouvent ces « points » une zone plus large que la ligne elle-même de part et d’autre de certains « points », comme si l’on avait piétiné tout autour du pieu qui y aurait été planté, ou qu’on l’aurait contourné comme si celui-ci avait été laissé sur la ligne sur une longue période.

Il est possible que la couleur noire de ces « points » soit due au fait qu’ils aient été rebouchés au moyen des pierres qui ont été retirées des lignes.

d – « Points » sur le pourtour de certaines figures géométriques

On trouve sur le pourtour de certaines figures géométriques des « points », peut être des traces de pieux ou de plantations.

6.5 CONCLUSION

Au vu de toutes ces constatations j’ai la conviction que bon nombre de ces « ensembles » servaient à récupérer un maximum d’eau de pluie ou à condenser les brumes et les vapeurs d’eau, et qu’ils avaient un étroit rapport avec la collecte, les systèmes de transport, de distribution et de stockage de l’eau.

Il est clair aussi que certaines de ces figures géométriques devaient jouer un rôle dans des rituels en vue d’invoquer la pluie et/ou les divinités qui auraient pu le faire, elles ont peut être aussi servi de surfaces destinées aux cultures et/ou aux habitations.

Ces quelques pages ne sont qu’une infime partie de tout ce que l’on peut voir, et/ou montrer, de la région de Nasca, il reste encore un nombre incalculable de géoglyphes et figures géométriques à découvrir, certains étant enfouis sous les sables, et il faudrait certainement des milliers de pages pour les répertorier et les commenter.

Et peut être aussi que malgré ces quelques pages Nasca continuera de garder son secret…

à la semaine prochaine …….

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