Les Nascas et l’eau

Share

QUATRIEME PARTIE

NOUVELLES RECHERCHES ET ANALYSES 4 – MES DERNIERES CONSTATATIONS

Par Jacky Galvez

Episode n°6


4.1 INTRODUCTION

Comme beaucoup, certainement, au cours des années passées je m’étais contenté de regarder les géoglyphes du plateau de Nasca car c’était là qu’il y en a la plus grande concentration, enfin c’est ce que je pensais ! Et peut être aussi parce que le Dr Maria Reiche y avait passé sa vie et je pensais que c’était là que se trouvait la clé du problème.

Généralement je m’étais contenté de redessiner leurs contours pour essayer de comprendre ce qu’ils pouvaient bien représenter.

Alors j’ai tout repris à zéro, ou presque car dans tout ce que j’ai pu voir ou lire tout n’était pas perdu et des petits morceaux par-ci et par-là m’ont amené à reconsidérer la chose sous un autre angle, d’où mes recherches et lectures sur la géologie, la climatologie et l’hydrologie.

Alors je me suis penché sur la question : Pourquoi à Nasca et pas ailleurs ?

4.1.1 Climatologie

Comme nous l’avons vu les déserts de Nasca et de Acatama au Pérou sont les plus arides de la Terre.

Il ne pleut quasiment jamais et pourtant des hommes s’y sont installés et cela pendant des siècles.
Nous avons également vu qu’une période de sécheresse très intense s’est installée pendant l’occupation de cette région par les Nasca,qui a entrainé la fonte entière des glaciers et certainement par la même occasion la perte des eaux de ruissellements provenant de ceux-ci, ce qui a peut être dû avoir pour conséquences de tarir en partie les rivières et les sources, il leur fallait quelque chose pour continuer à survivre : de l’eau !

4.1.2 Agriculture

Je me suis d’abord tourné vers la possibilité que les Nascas avaient installé sur leur plateau des champs de cultures, mais l’étude du sol m’a permis de constater qu’il ne s’y prête pas, alors je me suis dit qu’ils avaient peut être utilisé des techniques de cultures comme celle de la Terra preta, cette idée m’était dictée par le fait qu’il a été trouvé sur le plateau de Nasca des centaines de milliers de débris de poteries, ceux-ci entrant dans la composition de la Terra preta.

L’étude de certaines photographies comme celle-ci, m’avait conforté dans cette voie car en traçant les contours des parcelles il y avait une certaine similitude avec des choses vues sur le plateau de Nasca :

Mais pour faire pousser des cultures il faut de l’eau, et dans le désert de Nasca, mis à part les lits des rivières, quand ils ne sont pas à sec, il n’y en a pas beaucoup !!

4.1.3 Hydrologie

Nous l’avons également vu, les Nascas avaient développé des réseaux complexes d’irrigation, mais à quoi peuvent servir de telles installations si l’eau fait défaut à un moment donné ?

4.1.4 Où trouver de l’eau ?

a – Les rivières ?

Elles se situent à cent mètres en moyenne en-dessous du niveau du plateau, et je ne pense pas, bien qu’ils devaient connaitre certainement le principe des « siphons inversés », qu’ils avaient des pompes hydrauliques permettant de remonter l’eau sur le plateau pour irriguer d’éventuelles cultures.

b – Les sources ?

Il est fort possible que certaines figures géométriques aient été faites à l’emplacement de sources, ou de résurgences.

c – Les brumes et brouillards ?

On sait qu’ils avaient développé des systèmes « attrape-brume » ou « attrape-nuage », il faut des surfaces considérables et de bonnes conditions pour installer de tels systèmes, ils les avaient certainement mais était-ce suffisant pour alimenter des champs de cultures et remplir les puits ?

Et je me suis dit qu’ils n’avaient aucune raison d’implanter des champs de cultures sur un plateau alors que les lits des rivières se trouvaient un peu plus bas.

4.1.5 Une autre idée m’est venue !

Dans mes recherches je n’avais pas assez approfondie toutes les techniques et moyens de récupérer de l’eau.

Je me suis aperçu que j’avais oublié une chose importante : la rosée !

Quelles sont les conditions les plus propices à la formation d’une grande quantité de rosée ? :

  • La différence de température entre le jour et la nuit et le degré d’humidité de l’air !

Et les plus favorables ? :

  • La quantité de vapeur d’eau dans l’air (brume et brouillard) plus il y en a et plus la condensation est importante, comme près des côtes, et là où le changement de température est très important entre le jour et la nuit : dans les déserts !
  • Là où il y a du vent, sur des plateaux aux alentours de 400 m d’altitude, en dessous les brumes s’évaporent.

Pour condenser de l’eau il faut qu’il y ait une grande différence de température entre le sol et l’atmosphère, c’est-à-dire leurs capacités respectives à restituer la chaleur, c’est ce que l’on appelle l’hydrogénèse, le verre, le métal, les pierres, et la céramique, entre autres, ont un pouvoir rayonnant très élevé, ils se refroidissent plus vite que l’air et ont donc un haut pouvoir de condensation de l’humidité qu’il contient.

Le plateau de Nasca et sa région regroupent tous ces éléments !

De plus les sols sont recouverts de pierres ayant une forte teneur en oxyde de fer ce qui leur permet d’emmagasiner beaucoup de chaleur, et qui dit beaucoup de chaleur dit beaucoup de vapeur d’eau, beaucoup de condensation, et donc beaucoup d’eau.

Alors à partir de ces constatations je me suis mis à réexaminer les figures géométriques de plus près.

4.1.6 Observations sur les lignes et figures géométriques

a – Les lignes

En me repenchant sur l’étude des lignes, je me suis aperçu que contrairement à ce que je pensais, comme beaucoup d’ailleurs, elles ne mènent pas à des « sentiers » situés dans les crevasses de ruissellement mais bel et bien aux crevasses de ruissellement en tant que telles et cela de manière volontaire ! Et ces crevasses descendent vers les cultures situées en contrebas !

Et en y regardant de plus près je me suis rendu compte que toutes les figures géométriques de grande surface et les « ensembles » d’un même secteur sont reliés entre eux par d’autres figures ou par des « lignes » qui aboutissent ensuite à une crevasse, et plus précisément à la pointe de la « naissance » de ces crevasses ou vers un endroit de ruissellement qui descend vers une vallée.

Quelques exemples :

b – Les grandes figures géométriques et les « ensembles »

Je me suis également rendu compte que toutes les figures géométriques, rectangles, trapèzes et triangles, ainsi que les « ensembles », étaient tous dans le sens des déclivités du terrain sur lesquels ils ont été réalisés, c’est-à-dire parallèles aux pentes, aucune grande figure géométrique et aucun « ensemble » n’est perpendiculaire à une pente, que ce soit sur le plateau lui-même, à Palpa, à Nasca, etc.

Et dans la grande majorité des cas la base des trapèzes et des triangles est située au point le plus bas des « ensembles » sur les pentes.

Deux exemples, mais il en est de même pour tous les « ensembles » de figures géométriques :

Les flèches rouges indiquent le sens des pentes, et l’on voit bien que les figures sont parallèles aux pentes

Sur cette image on voit que non seulement la « figure de base » est parallèle à la pente, mais que toutes les « lignes » et les « zigzags » ont une inclinaison dans le sens de la pente.

J’ai également constaté que beaucoup de figures en formes de petits triangles indiquaient le sens de la déclivité des pentes des terrains sur lesquelles elles se trouvaient et que les lignes qui les prolongent suivent cette déclivité.

c – Les crevasses de ruissellements

En les examinant minutieusement je me suis rendu compte que les Nascas avaient volontairement canalisé le parcours de l’eau vers ces crevasses et qu’à l’intérieur même de ces crevasses ils avaient créé des canaux dirigeant l’eau vers des points bien précis.

On peut encore y voir les tracés de ces canalisations dans les crevasses de ruissellements.

4.2 ANALYSE DES FIGURES GEOMETRIQUES

4.2.1 Plateau de Nasca

Si les figures géométriques et les lignes qui les composent sont orientées dans le sens des pentes et si elles sont reliées entre elles cela doit être dans un but bien précis.

J’ai dit que j’avais commis une erreur en me contentant par le passé de ne regarder principalement que les figures du plateau de Nasca, en effet rien de frappant, mis à part leur extraordinaire complexité, n’était apparent à première vue, alors je suis allé plus au Nord du côté de Palpa et dans les grandes crevasses examiner plus attentivement toutes ces figures et lignes.

Quelques détails des « ensembles » du plateau de Nasca.

Je n’ai pas tracé toutes les lignes de manière à ce que l’on puisse y voir plus clairement l’interconnexion des figures géométriques et des « ensembles » les uns avec les autres. Cette partie représente environ une superficie de 7 km de longueur sur 2 km de largeur, cette partie Nord du plateau où se trouve tous ces ensembles de figures fait environ 13 km sur 2,5 km. Toutes les figures, lignes et « ensembles » qui s’y trouvent sont « connectées » les uns aux autres !

La ligne blanche indiquée par la flèche bleue sur l’image de la page précédente n’est pas une des lignes de Nasca, elle a été faite par les véhicules et engins qui ont posé les pylônes des lignes électriques haute tension qui traversent le plateau de Nasca.

Dans les images suivantes il y a quelques détails des figures et « ensembles » 1, 2, 3 et 4, leurs longueurs, diverses largeurs de quelques lignes, etc.

(Nous reviendrons plus tard sur cette figure)

4.2.2 Points communs aux figures et groupes de figures géométriques

J’ai examiné attentivement toutes les figures géométriques qui se trouvent au Nord du plateau de Nasca dans la pampa de Palpa, celles de El Ingenio, celles de Nasca, et toutes présentent les mêmes configurations, sens d’orientation, interconnexions entre elles, connexions avec les « canalisations » se trouvant dans les crevasses de ruissellements, etc.

à vendredi prochain ….

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked