Les prêtres péruviens mobilisés pour lutter contre les maladies tropicales

Alors que les cas de dengue, de zika et de chikungunya augmentent dans le nord du Pérou, le ministère de la santé vient de signer un accord avec le diocèse de Chulucanas pour que les prêtres soient formés à la prévention et informent les populations au cours des messes.

par : Éric Samson

source : lacroix.fr

Depuis début janvier, près de 2000 cas de dengue, plus de 100 cas de zika et 40 cas de chikungunya ont été recensés dans les régions de Loreto et Piura, selon le Centre national d’épidémiologie, de prévention et de contrôle des maladies du ministère péruvien de la santé.

Deux personnes sont mortes de dengue depuis le début de l’année. Une femme enceinte de 21 ans, originaire de Talara, premier cas de zika de l’année, a été soignée début février dans un hôpital de Tumbes où son bébé est sous contrôle. Huit cas de chikungunya ont été confirmés dans la région. Et le 9 février, une alerte d’épidémie a été lancée par le gouvernement péruvien.

Arrivée de la saison des pluies

C’est dans ce contexte, et alors que l’arrivée de la saison des pluies dans le nord du Pérou risque d’aggraver la situation sanitaire, que des accords de coopération ont été signés entre le ministère de la santé, la Direction régionale de santé de Piura et le diocèse Chulucanas, près de Piura. « Mieux vaut prévenir que guérir », s’est félicité l’évêque de Chulucanas, l’Américain Daniel Turley, augustinien. « Nous soutiendrons toutes les activités en faveur du bien-être de la population », a-t-il ajouté après la signature de ces accords.

Ainsi, les prêtres locaux seront formés par le ministère de la santé pour pouvoir transmettre, pendant les messes dominicales, les gestes et les conseils qui sauvent. Il leur faudra en particulier inciter la population à aider les opérations de fumigation et à éliminer les récipients ou réservoirs remplis d’eau stagnante pour éviter la prolifération du moustique Aedes aegypti, principal vecteur de maladies tropicales.

Des spots radios

La radio Emmanuel (92,5 FM), gérée par l’Église catholique dans le nord du Pérou, sera également mise à contribution pour diffuser des spots et des informations relatifs à la prévention des maladies tropicales, a confirmé Jaime Chanduvi, directeur de santé de la zone Morropón-Huacabamba, pour qui l’Église est un « bon allié stratégique [qui permet] de disposer d’une armée dans cette lutte » contre la dengue, le zika et le chikungunya.

« C’est une très bonne idée », a réagi Artémio Kimilsung, habitant de Chulucanas. Une opinion partagée par Manuela pour qui la population est toujours « sensible » aux conseils des hommes d’Église, surtout pendant la messe.

Importer des vaccins

Les hôpitaux de la région auront pourtant du mal à faire face à l’urgence, selon Ciro Maguiña, l’ancien président de l’Ordre des médecins du Pérou. « Éduquer les familles et lancer des campagnes de fumigation ne sera pas suffisant », estime-t-il. D’après lui, l’État devrait mobiliser des ressources pour importer des vaccins et équiper les hôpitaux de la région sans quoi l’effort d’information durant les messes ne sera pas suffisant.

Pas suffisant mais en tout cas « nécessaire », selon Maria Luisa Vasquez. Pour cette femme qui coordonne, dans la région de Piura, le programme « Ensemble contre le zika » de l’ONG Care Pérou, la population doit aider à éliminer le moustique aedes aegypti. Et pour cela, toute aide est bonne à prendre, y compris celle des prêtres. à Huaquillas (Équateur), Éric Samson

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