Les recycleurs de déchets du Pérou gagnent la bataille contre les bouteilles en plastique

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Les recycleurs de déchets du Pérou gagnent la bataille contre les bouteilles en  plastique.

 

 

Par Sandra BESSON

source : actualites-news-environnement.com

Les recycleurs de déchets au Pérou, organisés en association ou en groupes officiels, ont obtenu que les bouteilles en plastique puissent être recyclées pour en fabriquer de nouvelles.

 

Il y a seulement quelques années, le recycleur de déchets Genaro Jorge Durán Contreras et ses collègues étaient qualifiés de fous et de drogués, arrêtés par la police et poursuivis pour leur quête de matières à recycler.

« Mais désormais, nous avons un permis de travail. L’abus est terminé » a déclaré Genaro Jorge Durán Contreras, du bureau de Lima de l’organisation péruvienne Ciudad Saludable, qui aide les ramasseurs de déchets à mettre en place des groupes officiels et des micro-entreprises.

Genaro Jorge Durán Contreras, qui dirige une association de 17 membres travaillant dans le quartier de Miraflores dans la capitale du Pérou, explique comment la « Loi sur le Recycleur » de 2009, la première de ce genre dans le monde, a transformé son travail en un commerce respecté.

Le Pérou compte désormais 205 programmes soutenant les recycleurs organisés dans ses villes et villages

« Nous avons fait une présentation au Congrès et le président nous a dit ‘vous êtes importants’ » a-t-il indiqué ». « Quand il nous a parlé, cela nous a tous stimulé ».

Le Pérou compte désormais 205 programmes soutenant les recycleurs organisés dans ses villes et villages. L’initiative permet de sortir les ramasseurs de déchets marginalisés de la pauvreté, tout en commençant à réduire les déchets et leurs émissions de gaz à effet de serre au niveau national.

Les recycleurs organisés gagnent 12 à 13$ par jour grâce leurs approvisionnements constants et leur capacité à négocier de meilleurs prix en tant que groupe, d’après la fondatrice de Ciudad Saludable, Albina Ruiz Ríos. Les ramasseurs de déchets informels ne gagnent que 2 à 3$ par jour.

« Désormais, nous pouvons travailler et gagner assez d’argent pour éduquer nos enfants » a déclaré Genaro Jorge Durán Contreras.

L’équipe de Genaro Jorge Durán Contreras ramasse des matériaux recyclables, comme du métal, des bouteilles en plastique, du carton, du papier, chez les foyers participant à l’opération, et les amènent dans un centre où ils sont triés et vendus aux compagnies pour être traités.

L’association a fait des emprunts pour acheter deux camions pour transporter les déchets.

Une nouvelle loi péruvienne, approuvée jeudi, autorisera le recyclage de bouteilles en plastique en nouvelles bouteilles, et cette évolution devrait fournir un nouvel élan à l’industrie du recyclage dans le pays.

Le Pérou importe près de 92 000 tonnes de résine PET (polyéthylène téréphtalate), dérivé du pétrole brut et du gaz naturel, pour fabriquer des bouteilles chaque année. Moins de la moitié est réutilisé, le reste finissant dans les décharges ou dans la nature.

Pendant les discussions sur le climat qui ont eu lieu à Lima ce mois-ci, 400 recycleurs en uniforme ont pris leur balai et ont balayé les parcs de la ville afin d’inciter les ministres à signer la loi sur le recyclage de bouteilles.

Albina Ruiz Ríos et ses collègues ont travaillé dur pour que l’interdiction de recyclage soit levée, soulignant les bénéfices environnementaux et sociaux d’une telle loi.

Quatre entreprises étant déjà prêtes à commencer la production de bouteilles en PET recyclé, la décision créera probablement des emplois et boostera les prix des matières recyclées, générant de meilleurs revenus pour ceux qui les ramassent.

Cela devrait également aider le Pérou à devenir plus vert. « Nous n’achèterons pas tant de résine de source non-renouvelable. Et pour produire les matières premières, on utilise beaucoup plus d’énergie et d’eau » a expliqué Albina Ruiz Ríos.

Au niveau municipal, les règles et les réglementations font aussi une différence. Par exemple, à Lima, il y a de nombreux immeubles ayant un seul vide-ordure qui ne permet pas aux habitants de séparer le recyclage des déchets normaux.

Ciudad Saludable travaille avec les autorités municipales pour obtenir que les nouveaux bâtiments soient dans l’obligation d’avoir des espaces de stockage pour le recyclage.

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