Les vendeurs ambulants de retour dans les rues de Lima malgré le confinement

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À cause des mesures de lutte contre le coronavirus, les vendeurs ambulants avaient disparu des rues de la capitale du Pérou depuis la mi-mars.

source : rfi.fr

Mais malgré la prolongation du confinement jusqu’au 30 juin, ils sont de plus en plus nombreux à faire leur retour dans la ville, par nécessité.

Leur retour inquiète les habitants et les autorités. Malgré le confinement décrété pour lutter contre la pandémie mondiale de Covid-19, les vendeurs ambulants péruviens viennent par centaines, depuis quelques jours, s’installer dans une avenue d’un quartier populaire de Lima, la capitale du Pérou, pour vendre toutes sortes de marchandise.

« J’étais couturière à mon compte. Mais comme la galerie marchande où je travaille a fermé, maintenant je vends dans la rue, jusqu’à ce qu’elle rouvre », raconte au milieu de la foule masquée Gissela, qui a étalé sur le trottoir une bâche en plastique sur laquelle elle a disposé des combinaisons de protection en tissu.

Comme elle, la plupart des vendeurs ambulants sont des travailleurs indépendants et informels qui gagnent leur vie au jour le jour. Pour survivre, ils n’ont pas d’autre choix que de reprendre leur activité dans la rue.

« Ils vont tout contaminer »

Le gouvernement péruvien avait pourtant promis une subvention de 760 soles (environ 195 euros) pour les plus vulnérables, soit les deux tiers du salaire minimum du pays. Mais de nombreux travailleurs informels n’ont toujours rien touché car la plupart ne possèdent pas de compte bancaire et ne figurent sur aucun registre officiel.

Leur retour inquiète le voisinage qui craint une augmentation des contaminations. « Ils vont contaminer toute la zone alors qu’il y a des personnes vulnérables qui vivent ici : des femmes enceintes, des personnes âgées… Et eux s’agglutinent tous ici. On ne va pas les laisser faire », explique un résident agacé par leur présence.

Jeudi 11 juin, des affrontements ont éclaté entre des vendeurs ambulants et les résidents du quartier venus les chasser à coup de bâton. Le lendemain, ce sont les policiers qui les ont violemment expulsés du centre de Lima. Pour réduire les tensions et éviter les risques de contagion, la municipalité a annoncé l’ouverture de stades et de parcs pour relocaliser une partie d’entre-eux.

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