« Menace sur la forêt tropicale au Pérou » : un documentaire signé Jérôme Dolbert

Pour traiter d’un vaste sujet qui lui tenait à cœur, la déforestation sauvage qui subsiste encore au Pérou et son impact sur la faune, Jérôme Dolbert disposait d’un petit budget mais ne souhaitait aucune concession sur la qualité des images.

par Jérôme Dolbert

source : afcinema.com

Grâce à neuf partenariats, une énergie à toute épreuve, Jérôme vient de réussir son pari : 25 jours dans la forêt amazonienne, un périple de plus de 700 km avec 80 kg et 90 000 $ de matériel. Jérôme Dolbert quitte seul Los Angeles pour Lima le 28 octobre 2014 pour rejoindre Puerto Maldonado à 1h30 d’avion et accéder à la Réserve écologique Taricaya  » Taricaya Ecological Reserve, Amazon Rainforest  » à une heure de pirogue. Une réserve écologique de 476 hectares – sur les rives de la rivière Madre de Dios.
Nous avons pu nous entretenir avec Jérôme Dolbert à son retour du Pérou le 17 novembre.

« La forêt tropicale de l’Amazonie péruvienne abrite des écosystèmes extraordinaires, accueillant des espèces d’animaux, d’oiseaux et de plantes que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur la planète. Ces forêts anciennes constituent l’une des nombreuses et remarquables caractéristiques naturelles du Pérou. Cependant, depuis de nombreuses années, la région souffre de la déforestation et du braconnage, qui entraînent des perturbations de l’écosystème forestier.
Pour ce documentaire, je souhaitais ramener des images choc, de très belles images choc : rentrer là où c’est illégal, dangereux, là où la mafia, protégée souvent par la corruption de la police, exploite le bois ou l’or dans des conditions sauvages sans aucun respect pour la forêt et la faune locale. Dans cette zone  » La Pampa, in Peru’s Madre de Dios region  » le long de la rivière Inambari, le mercure est utilisé pour isoler et recueillir l’or des roches dans lesquelles il est incrusté. Le mercure s’allie à l’or pour former un amalgame qui facilite la séparation de l’or de la roche, du sable ou d’autres matières. L’amalgame est ensuite chauffé pour vaporiser le mercure et ne conserver que l’or. Le reste (90 %) est excédentaire et doit être récupéré et recyclé, faute de quoi il est rejeté dans l’environnement. Les vapeurs de mercure sont alors inhalées par l’homme et surtout libérées dans l’environnement proche… Rien ne repousse derrière, tout est pollué : l’eau, les poissons. Juste pour cette zone  » La Pampa « , 50 000 hectares de forêt tropicale ont été effacés au cours des huit dernières années.
Dans ces zones, les gens ne donnent jamais d’interviews, ils ont peur, il y a un mort par jour… Madre de Dios est le foyer de 40 000 mineurs illégaux.

J’ai organisé mon périple en deux parties : une première partie sur les nuisances sur la faune, au sein de la Réserve Ecologique Taricaya dont la gestion est orchestrée par cette organisation internationale de volontariats  » Projects Abroad  » dont le siège est basé au Royaume-Uni, crée en 1992.
Les scientifiques de Projects Abroad occupent des postes de biologistes, vétérinaires, zoologistes, ingénieurs forestiers, ingénieurs en environnement, assistants vétérinaires, … au sein de la Réserve de Taricaya depuis 2004. C’est le premier centre de recherche et de réintroduction animale officiellement reconnu par l’état péruvien.
Ils viennent y travailler pour soigner des animaux malades, blessés avant de les relâcher dans la nature. Ils étudient leurs comportements. Les animaux récupérés dans ce centre sont des tapirs, des singes, des tamarins, des jaguars, des panthères noires, des perroquets, des perruches, des toucans, des tortues, des chiens sauvages dont les parents ont été massacrés par des chasseurs.
Les scientifiques mènent également des campagnes d’éducation auprès des populations locales sur les méthodes de l’agriculture durable (Acajou, Café, Bananier, Cacao).
Dans la deuxième partie de mon séjour au Pérou, je me suis intéressé à la déforestation… Là, c’était  » super chaud  » mais je suis content, j’ai pu faire des images d’une intervention des autorités péruviennes (policiers et militaires) : 1 500 militaires, des hélicos sont venus détruire les machines d’exploitation, pelleteuses, pompes et autres équipements utilisés pour l’exploitation minière illégale – pour une valeur de 20 millions de dollars.
Il a fallu filmer en cachette pour ne pas être arrêté … ou se faire tirer dessus. Il aurait été préférable que j’utilise une caméra miniature ou un boitier pour passer inaperçu mais je voulais de très belles images…

Pour travailler, j’avais avec moi un paquetage d’environ 12 kg : ma caméra RED Epic et ses accessoires, deux Optimo Style 16-40 et 30-76 mm, un trépied léger (environ 5 kg)… Heureusement… j’avais hésité à prendre un pied plus lourd… Les Optimo Style ne sont vraiment pas lourds à transporter (chaque zoom pèse moins de 2 kg, vraiment appréciable), et prenaient peu de place dans mon sac. Avec ces deux objectifs, j’ai pu couvrir de nombreux shots, je suis vraiment ravi. Ils couvrent un ensemble de  » Prime Lenses « , sans compromettre la qualité d’image. Leur flexibilité et leur rapidité m’ont donné des résultats exceptionnels, des qualités qui m’ont été nécessaires pour prendre à la fois les paysages dans La Pampa ou capturer des singes en liberté dans les arbres. Leur performance est vraiment excellente. Pour filmer les singes qui se cachent à 45 m dans les arbres, j’ai travaillé au 70 avec l’extender. Egalement, pour faire des images des chercheurs d’or sans trop s’approcher… Le 300 aurait été idéal… On rêve tous d’un zoom léger qui couvrirait la plus longue course de focales possible ! Le grand angle m’a servi pour les vues de La Pampa où il est difficile de rentrer.

J’ai filmé en 5K avec une compression de 3.1. La carte RED disposant d’une mémoire de 512 Go, j’avais une demi-heure d’autonomie d’images. Au total, j’ai réalisé 15 heures de  » shooting « , soit environ 2/3 du disque dur de 8 téras que j’avais avec moi.
Les conditions météo n’étaient vraiment pas faciles avec une chaleur de 37° en moyenne, 75 % d’humidité et beaucoup beaucoup d’insectes. Jamais je n’ai autant transpiré. Dans La Pampa, j’ai encore le souvenir bien ancré de 80 mouches piquantes m’agressant les jambes sur un shot capital que je ne voulais absolument pas interrompre.

Je n’ai jamais eu aucun problème de condensation avec les optiques. Elles étaient toujours nickel, prêtes à l’emploi même dans les endroits extrêmes après 8h de marche dans la forêt. Il est arrivé que l’écran LCD de la RED stocke l’humidité. Pour la lumière, j’ai pratiquement tout filmé de jour en lumière naturelle. Pour voir les animaux, il faut se lever tôt vers 4/5h du matin. Le soleil se couche tôt et nous n’avions droit qu’à deux heures d’électricité pour recharger les batteries.
J’ai pratiquement tout filmé caméra sur pied hormis quelques scènes en voiture trop dangereuses pour se faire remarquer.
Pour toutes ces situations, j’ai vraiment apprécié la fluidité de la mécanique Angénieux. Quel plaisir le focus ! Et puis la bague de diaph avec laquelle je devais souvent jouer compte tenu des alternances rapides beau temps – temps gris. Voir les variations de lumière directement sur l’écran de la RED est un vrai gain de temps.

J’ai déjà visionné mes rushes. Je suis ravi. J’ai en tête des images de détails comme les poils de singe ou encore de gouttelettes d’eau sur des bananes … J’espère pouvoir présenter mon travail dans différents festivals internationaux. Au final, ce documentaire devrait faire 60 minutes. Je souhaite l’enrichir de témoignages d’experts des questions environnementales. Avec un peu de recul, je me dis que réussir cette expédition représente un vrai challenge, j’ai eu beaucoup de chance… »

Menace sur la forêt tropicale au Pérou
Naïade Pictures
Réalisation – Photographie : Jérôme Dolbert – www.jeromedolbert.com
Equipement : Angénieux Optimo Style 16-40 mm et 30-76 mm et multi 2x sur caméra RED Epic

- Voir la gamme des zooms sur le site Internet d’Angénieux.

(Photos du portfolio ci-dessous Jérôme Dolbert)

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