Les élections municipales et régionales se préparent

Share

Quelque 21 millions d’électeurs sont convoqués dimanche à l’occasion des élections municipales et régionales qui se tiendront dans l’ensemble du Pérou, dans un climat miné par les affaires de corruption.

source : RFI.fr

Depuis des mois, pas un jour ne passe sans que les médias n’abordent les élections qui auront lieu dimanche. L’attention se porte notamment sur Lima, la capitale, où vit près du tiers des habitants du pays, mais plus généralement dans tout le pays. Au Pérou, les gouvernements régionaux et locaux ont ainsi de grandes prérogatives et surtout de gros budgets. L’on suivra notamment le cas de la région de Cajamarca au nord du pays.

Depuis 2011, le projet minier Conga, auquel est opposée une partie de la population, est en jeu. La population décidera si elle vote pour un président régional en faveur du projet ou contre. De manière générale, les candidats représentent des partis indépendants, ce qui prouve une fois de plus la crise de représentation des partis nationaux. Le cas de Lima est emblématique, le parti au gouvernement n’y ayant pas de candidat.

A Lima, la maire de centre-gauche Susana Villaran se représente face à Luis Castañeda.

Selon les derniers sondages, Susana Villaran bénéficierait d’entre 10 et 16 % des intentions de vote. Cette dernière a beau assurer qu’elle a mis en œuvre de grandes infrastructures, augmenté la superficie dédiée aux espaces verts ou mis en place une politique culturelle inédite, elle a peu de chances de l’emporter. Une grande partie de la population lui reproche de ne pas avoir assez fait pour résoudre les grands problèmes que sont l’insécurité mais aussi et surtout les difficultés de transport qui touchent l’ensemble de la société.

Susana Villaran a pourtant osé lancer la réforme du transport, malgré l’opposition de nombreux entrepreneurs. Cependant, le premier couloir réservé au bus qui devait révolutionner la ville ne convainc pour l’instant pas, et ce qui devait être le point fort de l‘administration en place devient un argument de plus pour ses opposants.

Il sera donc dur pour Susana Villaran de s’imposer, notamment face à Luis Castañeda, qui a été maire de 2002 à 2010 et qui jouit d’une forte popularité grâce aux nombreux ouvrages réalisés durant ses mandats. Sa cote ne faiblit pas malgré les forts soupçons qui planent sur l’ancien maire et ses collaborateurs impliqués dans de graves affaires de corruption.

Six présidents de région soupçonnés de corruption

« Tous les politiques sont corrompus, au moins lui il fait des ouvrages », répètent les gens à Lima. Il faut dire que les scandales apparaissent au quotidien dans la presse. Aujourd’hui quelque 500 000 euros ont été retrouvés en petites coupures dans le placard du maire d’une grande ville du nord.

Six présidents de région sont quant à eux soupçonnés de corruption ou de malversations de fonds et font l’objet d’investigations judiciaires. Au Pérou, l’image des politiques est au plus bas. Cela n’est jamais de bon augure, surtout dans une démocratie jeune comme l’est la démocratie péruvienne.

Donnez votre avis en laissant un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.