Pourquoi la justice Péruvienne s’en prend-elle, à Nadine Heredia ?

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Il y a longtemps que je n’ai réagi sur un sujet publié sur notre site préféré. Mais,  aujourd’hui sur l’article publié au sujet de Nadine Heredia, Enquête contre la Première dame du Pérou pour blanchiment d’argent, il me semble nécessaire d’ouvrir  un débat, en exposant certains faits argumentés par ma façon de voir les choses ou d’imaginer la politique au Pérou.

par : Tartuphe

 Aujourd’hui le président Humala est au plus bas dans les sondages de l’ordre de 13% d’opinions favorables, un pourcentage si bas qu’il faudrait comme pour Hollande en France un événement du style Charlie Hebdo pour reprendre comme on dit du poil de la bête. De toutes les manières, ce n’est pas très important, puisque la constitution du Pérou ne permet pas la réélection un président déjà au pouvoir !!!

 

Pourtant si vous regardez le Pérou de l’extérieur,  Humala est le président le plus progressiste que cette nation ait connue depuis de très longues années. Nous n’en sommes pas encore à l’heure du bilan, pourtant d’un point de vue sociale,  au niveau de l’éducation de la santé de grands progrès ont été accomplies. Je ne suis pas pro-militaire loin de là, mais celui-ci,  qui s’est fait élire président sur un programme de gauche, avec l’aide financière du Venezuelien Hugo Chavez de son vivant, même s’il est possible d’en douter, à une vision progressiste de la politique pour son pays  le président  et son parti politique dont son épouse Nadine est secrétaire générale. Malheureusement ils ont été obligés de composer avec le capitalisme mondial, les multinationales, et les banquiers qui ont tendu la toile maléfique de la mondialisation, qui n’a qu’une seule idole « l’argent »

 

Hollande en France le soir de son élection est allé voir Merkel  et lorsqu’il est revenu de son voyage éclair « les moi présidents je »   qui avaient enthousiasmé l’électorat de gauche  ont baissé d’intensités. Plus récemment en Grèce, Alexis Tsipras qui a réussi à convaincre tout le peuple de gauche et d’extrême gauche qu’il existait une autre solution pour que le peuple de Grèce se sorte de sa torpeur économique. A lui-même, a dû se soumettre aux dictâtes de la finance mondiale.

A croire que contre cette pieuvre maléfique, il n’y a rien à faire, seul le temps donné au temps pourrait atténuer l’effet de paupérisation des peuples face à une centaine de familles dans le monde toujours de plus en plus riche.

Mais le mal est fait, et nous sommes tous impatients de voir notre situation s’améliorer. Cette impatience a pour effet de rejeter les politiques menées,  par ces politiciens  « démocratiquement élus ».  Pourtant,  pour contrecarrer les politiques financières des « banquiers » qui nous dirigent,  non seulement il va falloir du temps mais aussi s’introduire à l’intérieur du système, ce qui ne pourra se faire que patiemment.

Voilà pourquoi il est important que Nadine Hérédia puisse se présenter à la prochaine élection présidentielle au Pérou, car cinq années ne sont pas suffisantes à l’échelle d’une nation pour voir ce que l’on a semé porter ses fruits. L’alternance obligatoire est anti-démocratique, puisqu’elle permet systématiquement d’amoindrir les effets d’une politique en faveur des plus démunies en donnant bonne « conscience » aux ultralibéraux qui appuieront sur les effets pervers des politiques sociales.

 

Le Chili en est un parfait exemple, regardé,  Bachelet qui avait commencé une politique sociale progressiste lors de son premier mandat,  a vu  tous ses efforts réduits à néant par le passage de son successeur Piñera Ultralibéral, son retour après le passage de la vague ultralibéral ne permet plus au peuple de reprendre confiance dans les actions menées. Et Bachelet qui était plébiscité à la fin de son premier mandat finira son second au plus bas dans les sondages à cause de cette alternance constitutionnelle.

 

Voilà pourquoi il faut du TEMPS à la politique, mais les banques ne veulent pas en laisser et elles sont prêtes à tout, pour s’assurer de l’alternance.

Voilà pourquoi on entame un procès à Nadine Heredia aujourd’hui,  pour un soit-disant blanchiment d’argent, un financement « occulte » de la campagne électorale de son mari par des fonds en provenance du Venezuela.

Là encore, le procès qui lui est attenté  ne l’est  pas t’en sur la provenance des fonds mais plutôt à cause de l’orientation politique du gros bonhomme assis sur ses pipelines qui était le président du Venezuela  au moment de la campagne d’Humala.

Le Pérou a besoin de stabilité, il est nécessaire pour son peuple de pouvoir se projeter vers l’avenir afin de continuer sa marche vers le progrès social et la lutte contre la pauvreté.

Madame Heredia de Humala est une femme jeune, dynamique, progressiste, avec une expérience du pouvoir important,  pour avoir soutenu son président de mari dans bien des circonstances. Elle est la seule alternative pour cette nation dans le prolongement du pouvoir de son époux. Elle est la seule alternative face aux réactionnaires Fujimoristes, et face au cancer que représente, les corrompus de l’APRA. Le pays après avoir fait trois petits pas en avant ne doit pas en faire cinq en arrière en remettant à sa tête un populiste ultra libéral qui n’aura  pour but,  que de démonter ce que son prédécesseur a commencé à bâtir.

Il faut être conscient également que le temps des vaches grasses va se terminer. Reposer les finances d’une nation,  seulement sur les exportations de matières premières, sans préparer l’avenir en investissant massivement dans l’éducation et les énergies du futur, est une erreur. Le Pérou a encore les moyens d’y parvenir, à condition que les banquiers et les multinationales ne bloquent pas le processus en imposant à la tête du pays  une marionnette Fujimoriste ou Apriste.

Pérou en France n’est pas un site d’opinions,  mais rien empêche de les exprimer le débat est ouvert …

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