Que voulons nous pour Le Pérou , par Verónika Mendoza

Share

La lider de nouveau Pérou, Verónika Mendoza, analyse la situation que traverse le pays.

source : larepublica.pe

traduction F Denizot

Dans les dernières semaines nous avons pu lire une profusion inhabituelle de réflexions sur la proposition du Nouveau Pérou, une organisation dont la construction a participé près d’un milliers de Péruviennes et péruviens avec conviction et espérance depuis plus d’un an. On a allégué que nous voulons « gouverner comme au Venezuela », on a spéculé que nous cherchons la « destruction des institutions » et « l’étatisation des moyens de production », entre autres sottises, cependant, cela nous permet d’ouvrir le dialogue nécessaire. Je veux le rapporter maintenant, avec un esprit démocratique, sur les sujets projetés.

Nous avons besoin de construire une pleine démocratie qui va beaucoup plus loin qu’un vote chaque 4 ou 5 années. Nous ne pouvons pas, au nom d’un malentendu « d’une stabilité » cyniquement soutenir les actuelles règles du jeu qui génèrent une corruption et l’inégalité qui permettent que des maffias et des lobbies séquestrent nos institutions pour pouvoir faire ses affaires en toute impunité qu’ils changent tout en marchandise à la merci du pouvoir de l’argent : la santé l’éducation, le bois et l’eau, la justice, et jusqu’aux gens, la dignité et la vie.

Nous avons besoin de récupérer la démocratie pour la mettre au service des gens, en garantissant les élections libres et non soumises au pouvoir de l’argent, en reconstruisant des institutions solides, transparentes et ouvertes à une citoyenneté organisée et mobilisée qui participe, veillez et contrôlez, avec garanties de participation pour les femmes, les peuples indigènes et les secteurs aujourd’hui toujours en marge.

Nous avons besoin d’une économie pour les gens, en établissant des priorités de développement, en mettant de l’ordre et limites aux abus. Parce qu’il est immoral qu’en 2018 les AFPs ont augmenté leur bénéfice à S/.488 million tandis que les pensionnés ont plus perdu S/. 9 milliards de ses fonds, quand nous pourrions, pour commencer, ouvrir à la concurrence pour que les banques puissent aussi administrer des fonds de pension et ainsi réduire les commissions tandis que nous construisons un système public solidaire de pensions complété avec un mécanisme d’épargne additionnelle compétitive.

Parce qu’il est indigne qu’après plus d’une décennie d’exploitation de Camisea les peuples du Sud ne jouissent toujours pas du gaz qui pourrait baisser le prix de la consommation d’énergie et générer des milliers d’emplois avec un pôle industriel prospère.Parce qu’il est inacceptable que des milliers de familles soient extorqués par des trafiquants de terrains spoliées par des sociétés immobilières sans scrupule quand nous pourrions avoir des villes planifiées, justes et durables où la demeure n’est pas seulement une affaire mais un droit.

En attendant certains continuent de jurer qu’à part le travail dans les mines tout le reste est une illusion, nous défendons une économie diversifiée et durable, avec insistance dans les activités qui génèrent un emploi comme l’agro, le tourisme, l’industrie, etc.. Nous ne pouvons pas continuer d’exacerber l’extractivisme et la dépendance des commodities qu il cause entre autres raisons, qui est la crise économique et humanitaire dramatique que vit aujourd’hui le Venezuela.


Nous avons besoin d’un nouveau pacte social.Aujourd’hui nous sommes devant l’opportunité historique d’échapper à la corruption, mais aussi de changer les règles du jeu que cette histoire honteuse ne recommence pas.

Pour cela nous n’attendons pas les échéances électorales nous élevons la voix, nous sommes dans la rue, avec les gens, et les suivons chaque fois que nécessaire pour défendre leurs droits menacés ou d’étayer la lutte contre la corruption, qui est désormais boycotter par les corrompus afin qu’Odebrecht ne dénonce pas ses complices.

Nous devons suivre avec vigilance et mobiliser pour en finir avec les corrompus. Nous devons ouvrir un grand dialogue national pour construire un nouveau pacte entre les Péruviens et fonder une nouvelle République sur la base de la pleine démocratie, de la souveraineté, de l’égalité dans la diversité, l’harmonie avec la nature, la solidarité, l’amour de nos gens et notre Patrie.Dans cette tâche nous devons chercher à convaincre et à compromettre à tous les secteurs possibles du pays, à travers d’un dialogue ample et pluriel, en sortant des dogmes et des préjugés, parce qu’une nouvelle République doit surpasser les exclusions et les discriminations du passé et inclure tous ses citoyens et citoyennes.

Verónika Mendoza

Donnez votre avis en laissant un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.