Rassemblements de perroquets sur les falaises d’argile : attention aux dérangements

Une étude menée au Pérou a montré que l’écotourisme pouvait parfois perturber le comportement géophage des perroquets.

 

 

 

 

source : ornithomedia.com

La consommation de terre, ou géophagie, se rencontre chez de nombreuses espèces d’oiseaux, et elle est en particulier fréquente chez les Colombidés (pigeons, tourterelles…) et les Psittacidés (perroquets, aras, perruches…). Les objectifs de ce comportement sont divers : contribuer au broyage mécanique des graines quand les particules ingérées sont assez grandes (lire Le système digestif des oiseaux), absorber certains minéraux et oligo-éléments indispensables comme le sodium ou le calcium,  ou neutraliser les substances toxiques ou amères (caféine, nicotine, tannins..) produites par certains fruits. 

Dans la forêt tropicale, en particulier en Amérique centrale et du Sud, des perroquets de différentes espèces se rassemblent volontiers sur les falaises d’argile bordant les cours d’eau. Sur certains sites du Pérou et d’Équateur, on peut observer des groupes de plusieurs centaines d’aras, d’amazones, de conures et de piones (lire La géophagie chez les perroquets), ce qui attire de nombreux touristes. Si l’écotourisme est une activité économique utile  qui peut générer des revenus pour les populations locales (lire) et contribuer ainsi à la protection des habitats naturels, l’absence ou le non-respect de certaines règles peut avoir des effets négatifs sur la faune.  

Dans un article publié en 2017 dans le journal Biotropica, des biologistes ont déterminé les effets de la fréquentation touristique, de la circulation des bateaux et des perturbations naturelles sur le comportement géophage des perroquets sur sept sites le long de plusieurs cours d’eau du département de Madre de Dios au Pérou : ils ont constaté que la fréquentation des falaises d’argile diminuait significativement lorsque les bateaux s’approchaient trop près ou étaient trop nombreux. Par contre, si des règles de bonne conduite étaient respectées, l’écotourisme n’avait pas d’effets négatifs. Toutefois, les grandes espèces, en particulier les Aras chloroptères (Ara chloropterus), évitaient toujours de visiter les sites pendant les heures « de pointe ». Lorsque les perroquets pouvaient choisir entre plusieurs sites, ils préféraient les plus tranquilles. Les perturbations sont d’autant plus importantes que la rivière est étroite et que les passages des bateaux sont irréguliers et peu fréquents. Sur les larges cours d’eau parcourus par de nombreuses embarcations, les effets négatifs sont moindres, sauf si les navires se rapprochent trop des berges. 

Ces constats  confirment qu’il est important que les visiteurs et les organisateurs respectent des règles simples pour minimiser les perturbations et faire en sorte que les perroquets continuent de visiter leus sites de géophagie qui jouent un rôle important dans leur biologie.

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