Séché Environnement est porté par sa croissance internationale

Le spécialiste français des déchets dangereux a doublé son activité à l’international via des acquisitions. Il surfe aussi sur les besoins en traitement des déchets dangereux industriels.

source : lesechos.fr

par MYRIAM CHAUVOT

La semaine prochaine doit être inauguré un nouvel incinérateur de déchets dangereux près de la Capitale du Pérou, Lima. Une réalisation de Kanay, la filiale locale créée par le spécialiste français des déchets dangereux Séché Environnement en association avec l’industriel péruvien Jean-Pierre Azevedo. Ce n’est pas la seule incursion de Séché dans la zone  : il y est le spécialiste du traitement du PCB au Mexique et au Chili, ainsi que des déchets pharmaceutiques infectieux au Pérou, via Kanay, qui effectue aussi de la dépollution en Amazonie pour un client pétrolier. Le groupe de Joël Séché a multiplié les acquisitions liées à ses deux priorités stratégiques, les déchets dangereux et l’international.

10 % d’activité à l’international

Sur le premier semestre, le groupe français a racheté des sociétés représentant 40 millions d’euros de chiffre d’affaires en année pleine, dont une seule est française et opère sur les déchets non dangereux, l’ex-groupe breton Charier (14 millions de chiffre d’affaires annuel). Les résultats semestriels de Séché reflète ce développement à l’international. Son chiffre d’affaires contributif (hors indemnités pour l’arrêt de l’incinérateur de Strasbourg) a décollé, au premier semestre, de 14% à 253 millions d’euros, dont 25 millions réalisés à l’international. La barre des 10 % du chiffre d’affaires du groupe hors de France est aujourd’hui atteinte, alors qu’il ne réalisait encore que 12 millions à l’international à fin juin 2016.

La progression de son activité semestrielle n’aurait été « que » de 4,6 % hors acquisitions et repose exclusivement sur les déchets dangereux industriels, qui ont connu une forte progression d’activité (+ 8 % sur le semestre). Car il n’y a pas que les déchets toxiques sud-américains qui assurent une forte croissance. En France même, le créneau des déchets dangereux a décollé dans la foulée de la hausse de la production industrielle permise par l’embellie de la conjoncture économique tandis que Séché n’enregistre aucune croissance sur le marché des déchets non dangereux.

Réseau de chaleur de Laval

La page de l’acquisition avortée de la Saur, qui visait à se diversifier dans le traitement de l’eau, est bel et bien tournée. Séché va devoir maintenant freiner ses acquisitions car à 342 millions d’euros, sa dette atteint 3,4 fois son excédent brut d’exploitation. C’est proche du maximum que lui autorise ses banquiers (3,7 fois). Mais sa stratégie et l’amélioration de la conjoncture économique française portent leurs fruits. Son bénéfice net semestriel se redresse, passant en un an de 2,4 à 3,7 millions d’euros.

 

Les priorités stratégiques de Séché n’empêchent pas quelques développements en France. Le groupe inaugurera ainsi le 5 octobre une nouvelle chaudière sur son site de Changé (Mayenne). Cette chaudière utilisera les déchets ménagers résiduels jadis enfouis (les déchets non recyclables ni incinérables en l’état), que Séché déshydrate pour aboutir à un combustible alternatif, le « combustible solide de récupération ». Les déchets ménagers résiduels couvriront ainsi à l’avenir, via cette chaudière, 100 % des besoins du réseau de chaleur urbain de Laval, d’une capacité de chauffage de 40.000 foyers.

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