Simon Bolivar, encore et toujours

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Bolivar est partout, et cette plasticité d’une mémoire, instrumentalisée de toutes parts, ne peut s’expliquer que par la complexité, les contradictions d’un homme dont la trace en Amérique latine demeure sans pareille.

source : .franceculture.fr

Je vous retrouve ce matin dans le cadre du festival du film historique de Pessac, qui entretient et qui illustre en Aquitaine, depuis déjà trente ans, au profit d’un public fervent, un commerce fécond entre notre discipline et le cinéma, et qui va se dérouler tout au long de la semaine prochaine. 

Pour l’édition de 2019, c’est le thème de l’Amérique latine qui a été choisi, un choix ratifié par une actualité que secouent, sur ce continent, bien des turbulences – et le mot est sûrement trop faible. Dans la quête d’une profondeur temporelle, nous allons parler d’un homme dont la trace demeure là-bas, on le constate tous les jours, sans pareille. 

Nous allons nous attacher à comprendre pourquoi l’ombre de Simon Bolivar continue de planer, après deux siècles écoulés, sur des événements qui renvoient constamment à sa mémoire. Cette semaine même, le pays dont le nom vient du sien, la Bolivie, a expulsé, après des années de règne, le seul président indien qu’on ait jamais connu. La République bolivarienne du Venezuela, – l’adjectif date de la fin du précédent siècle – ne cesse pas de descendre la pente d’une décrépitude dramatique. 

La Colombie, que Bolivar a tant marquée de son empreinte, peine toujours à sortir des séquelles d’une sanglante guérilla. On pourrait allonger la liste, du côté notamment de l’Équateur et du Pérou. Bolivar est partout, et cette plasticité d’une mémoire, instrumentalisée de toutes parts, ne peut s’expliquer que par la complexité, les contradictions d’un personnage qu’il n’est pas aisé de saisir. 

Pour tâcher d’y pourvoir, j’ai invité Jean-Michel Blanquer. Non pas le ministre que chacun sait qu’il est actuellement, mais le professeur des universités, qui fut chercheur à l’Institut des études andines, en Colombie, un pays sur lequel il a beaucoup écrit, qui fut directeur de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine et recteur en Guyane. Je l’accueille avec plaisir.

Archives

  1. Extrait du poème de l’auteur chilien Pablo Neruda, Un chant pour Bolivar, dans le recueil Résidence sur terre, publié au Chili en 1933, lu par Pierre Constant dans l’émission « Poèmes du monde » (France Culture, 10 juillet 1971).
  2. Extrait de la Lettre à un habitant de la Jamaïque de Simon Bolivar en 1815, lu par Pierre vernier dans Les Chemins de la connaissance (France Culture, 1er janvier 1987).
  3. Discours de de Gaulle le 22 septembre 1964 au Parlement de Caracas au Venezuela, tiré d’un reportage de Jean-Claude Héberlé (ORTF, 22 septembre 1964).
  4. Extrait du roman de Gabriel Garcia Marquez, Le Général dans son labyrinthe, publié en 1989, lu dans « Les Lundis de l’Histoire » (France Culture, 19 septembre 1994).
  5. Chanson Sangueo para el regreso du chanteur vénézuélien Ali Primera (1981).
  6. Chanson du générique : Simon Bolivar chantée en 1973.

Bibliographie

  • Jean-Michel Blanquer, La Colombie, coll. « Que sais-je », PUF, 2017
  • Jean-Michel Blanquer, Marc Milet, L’Invention de l’Etat – Léon Duguit, Maurice Hauriou et la naissance du droit public moderne, Odile Jacob, 2015
  • Pierre Vayssière, Simon Bolivar – Le rêve américain, Payot, 2008
  • Marie-Danièle Demélas et Yves Saint-Geours, La vie quotidienne en Amérique du Sud au temps de Bolivar (1809-1830), Hachette, 1987
  • François Chevalier, Yves Saint-Geours, L’Amérique latine, de l’indépendance à nos jours, coll. « Nouvelle Clio », PUF, 1993

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