Toujours plus de féminicides au Pérou: nouvelle marche contre les violences

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En juin 2018, après l’assassinat d’Eyvi Ágreda brûlée vive en avril à Lima dans un bus par un homme qui la harcelait, le président péruvien, Martin Vizcarra avait déclaré « d’intérêt national et priorité de l’État », la lutte contre la violence faite aux femmes. Cette année-là, 149 femmes avaient été assassinées.

source : theworldnews.net

par Eric Samson

100 féminicides depuis le début de l’année

Pourtant, jamais autant de femmes n’ont été assassinées au Pérou : selon les chiffres du ministère de la Femme, 100 féminicides ont eu lieu durant les sept premiers mois de cette année, soit 22% de plus qu’en 2018 à la même période.

L’objectif des autorités de réduire ce chiffre à moins de 100 en 2019 a échoué. Beaucoup reste à faire dans le pays où les premières politiques publiques de lutte contre la violence de genre ont été lancées il y a dix ans, en 2009.

« Plus les femmes exercent leur droit à l’autonomie et à la liberté, plus le patriarcat répond avec une violence extrême », explique l’avocate Lisbeth Guillén, représentante de l’ONG féministe Manuela Ramoscitée par l’agence EFE.

Des avancées majeures

Cependant, des avancées ont eu lieu dans un Pérou toujours très machiste. Le gouvernement actuel du président Vizcarra est paritaire. De plus, le Congrès a approuvé cette année une loi qui oblige les partis à former des listes comportant au minimum 40% de femmes lors de la prochaine élection, avant d’en passer à 45 puis 50% lors des deux suivantes, et une alternance homme-femme sur les listes.

Le gouvernement a également annoncé le lancement d’un programme d’attention aux enfants dont les mères ont été victimes de féminicides pour garantir leur droit à l’éducation.

Cette année, un autre résultat positif est à noter. L’avocate et militante féministe Arlette Contreras a réussi à faire condamner son ex-compagnon Adriano Pozo pour tentative de féminicide.

Lorsque la Cour Supérieure de Justice d’Ayacucho avait condamné en juillet 2016 son agresseur à un an de prison avec sursis, cette peine trop légère avait provoqué l’organisation en août de la première marche « Ni una menos Perú ».

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