Transformés par neuf mois au Pérou

En mars, neuf jeunes Martiniquais partaient en service civique au pays des Incas.

 

source : martinique.franceantilles.fr

Jeudi, vidéos, diaporamas, discours et franches rigolades ont ponctué leur soirée de restitution. Ils n’ont maintenant qu’un seul but : faire fructifier leur riche expérience.

« Buena noche a todos. Bienvenidos a la noche de restitution de los volontarios despues 9 meses al Peru. » Dans un grand sourire, Simao prend la parole en espagnol. Le clin d’oeil plaît et c’est sous les applaudissements qu’il reprend, en français. Avec ses huit camarades, il est revenu le 22 décembre d’un service civique de neuf mois au Pérou. Comme se réjouit la mère de l’un d’entre eux, « vous nous les avez transformés! Ils sont sages maintenant! » « Merci les Francas! » , renchérit un père.
Transformés, ils le sont assurément. Nous les avions quittés plein d’interrogations, ils reviennent « enthousiastes, de la lumière dans les yeux » , poursuit la mère de famille. Jeudi soir, en clôture de quatre jours de formation au retour, ils avaient convié familles, amis et partenaires à une soirée pour raconter leur voyage. Chacun à leur manière, vidéo, diaporama ou discours, pendant une bonne heure ils ont permis à leurs invités de s’imaginer au Pérou avec eux.
C’est Simao, avec ses quelques mots en espagnol, qui initiait les restitutions. Une vidéo le montre en train de chanter une comptine martiniquaise. « Les enfants l’ont reprise jusqu’à mon départ! »
DES IMAGES COLORÉES, CHANTANTES, VIVANTES
Les souvenirs communs ne sont jamais bien loin, comme quand Agnès montre un film où elle entame une danse endiablée. La bande en rigole encore. Dominique, lui, n’est pas peu fier d’avoir fait apprécier aux Péruviens la cuisine créole. « Ils étaient sceptiques, je leur ai concocté poulet colombo, acras, blaff de poissons et c’était dans la poche! »
Les images colorées, chantantes, vivantes, qui ressortent du film de Jérémy ne laissent aucun doute sur le bilan positif de son séjour. Pareil pour Jean-Pierre, qui, avec Claire, furent ceux qui travaillèrent le moins avec les enfants, mais dans un domaine tout autant primordial : le recyclage.
Arold, certainement le plus timide au départ, est revenu épanoui. Ne connaissant pas un mot d’espagnol, cette fois-ci il ne voulait parler que dans cette langue! La preuve d’une intégration réussie. Nathalie se souviendra longtemps de la manifestation des enfants de son école réclamant du respect. Quant à Aurélie, elle a acquis une « certaine maturité » pendant ces neuf mois.
Si c’était à refaire, ils n’hésiteraient pas, malgré les difficultés inhérentes à ce genre d’immersion dans un pays, une culture, étrangers. « C’était parfois dur, mais on revient plus fort » , explique Nathalie. « Il ne faut pas avoir peur de quitter ses bases pour évoluer loin de chez soi » , confirme Dominique. « Si on peut effectuer au moins une fois dans sa vie un séjour en volontariat, il ne faut pas hésiter » , abonde Claire.
ON LES SENTAIT ENCORE LÀ-BAS
Et maintenant ? Retrouver un univers délaissé pendant 9 mois n’est jamais évident. Cette réadaptation digérée, certains voudront repartir, d’autres moins, mais tous comptent bien faire fructifier leur service civique, pendant lequel ils se sont découvert des compétences, des capacités d’adaptation qu’ils ne soupçonnaient pas. La formation au retour, au début de la semaine, leur a permis de préparer au mieux cette phase parfois délicate. Jeudi soir, alors qu’ils racontaient le bonheur qu’ils avaient vécu, qu’ils se souvenaient d’instants insolites, qu’ils rigolaient en se remémorant telle ou telle boutade, qu’ils apparaissaient émus à l’évocation des enfants qu’ils avaient accompagnés, on les sentait encore à Lima, au Machu Pichu, à Huaraz, sur le lac Titica, à Arequipa, toutes ces contrées qu’ils ont eu la chance de visiter pendant leur séjour. À chacun de prendre le temps qu’il faut pour s’imaginer un avenir. En espérant qu’il sera aussi passionnant que les neuf derniers mois.
Un projet qui en appelle d’autres
Ce ne fut pas chose facile pour l’association des Francas d’organiser ce service civique, en partenariat avec l’association France Volontaires, Ladom, Pôle Emploi, la DJSCS (Direction de la jeunesse et des sports) et le conseil général.
Neuf mois plus tard, l’aventure est un succès. Et déjà l’association des Francas envisage de réitérer l’expérience, avec des jeunes Martiniquais mais aussi des Guadeloupéens, au Pérou, en Haïti, ou ailleurs.
En voyant le visage radieux de Simao, Jérémy, Nathalie, Aurélie, Dominique, Arold, Claire, Agnès et Jean-Pierre, les organisateurs auraient tort de ne pas retenter l’aventure. Un tel projet ne pouvant être organisé seul, il faut espérer qu’ils obtiendront les soutiens nécessaires.
La période électorale qui s’ouvre pourrait, comme d’autres, se traduire par un certain attentisme.
Gageons que ce type de projet n’en pâtira pas.

1 Comment on Transformés par neuf mois au Pérou

Viviane Latterrade said : 2 months ago

Pouvez vous me dire si vous organisez un voyage en 2019 .à quelle date ? Et que visitez vous? Car je compte m y rendre. Merci

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