Un pélican thage rejoint les collections du musée des beaux-arts et d’histoire naturelle de Châteaudun

Les collections d’histoire naturelle du musée de Châteaudun se sont enrichies d’un pélican thage. Mais connaissez-vous bien cet oiseau exotique ?

 

 

source : lechorepublicain

Le fameux pélican blanc de la collection Tarragon au musée des beaux-arts et d’histoire naturelle de Châteaudun n’est plus seul. Un pélican thage, qui a été donné par le zoo de Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire) et naturalisé, vient de le rejoindre.

A quoi ressemble-t-il ?

Le pélican thage a longtemps été considéré comme une sous-espèce du pélican brun, précise Anna Rodriguez, naturaliste du musée. Mais Il arbore un plumage nuptial très coloré contrastant singulièrement avec celui du pélican brun. Sa taille est le double du celle du pélican brun et il n’existe aucun cas d’hybridation entre ces deux espèces. Les ornithologues ont, donc, élevé le pélican thage au rang d’espèce en 2007. »

Le bec est jaune brillant ou orange avec une pointe rouge beaucoup plus développée que chez le pélican brun. La poche extensible, située sous le bec, dévoile une belle couleur bleue qui reste visible pendant de longs mois, même si elle est plus éclatante pendant la période nuptiale. « Cette poche lui sert d’épuisette pour attraper les poissons. Il rétracte la peau pour évacuer l’eau de mer et avale ensuite la totalité de sa pêche. Cette poche n’est jamais utilisée, comme dans les dessins animés, à transporter le fruit de sa pêche ! »

Où vit-il ?

Habitat. Le pélican thage vit exclusivement sur le littoral pacifique de l’Amérique du Sud, le long des côtes rocheuses du Pérou jusqu’au Chili qui lui sont nécessaires pour abriter les nichées et les crèches. Il ne s’aventure jamais au large et ne pénètre pas non plus à l’intérieur des terres.

Que mange-t-il ?

Cet oiseau pêche des poissons, principalement des anchois mais aussi des sardines et chinchards dans les eaux peu profondes du courant marin du Humboldt duquel il est très dépendant.

Comment pêche-t-il ?

Particulièrement sociable, le pélican thage pêche en compagnie de cormorans de Bougainville, de fous variés et de nombreuses sortes de mouettes et de goélands. Sa stratégie est assez semblable à celle du pélican blanc. Il plonge la tête la première, d’une hauteur d’environ 7 mètres pour parvenir précisément à l’endroit où se trouve sa proie.

Comment se reproduit-il ?

Le pélican thage niche en colonie de taille plus ou moins importante. « Les nichées comptent généralement trois œufs qui sont couvés durant 4 à 5 semaines et les jeunes sont indépendants à l’âge de 85 jours. »

Est-il en danger ?

« Le pélican thage est un oiseau ultra-protégé. Il représente une véritable richesse nationale pour les autorités péruviennes, précise Anna Rodriguez. Avec les cormorans de Bougainville et les fous variés, il fournit le guano (fientes des oiseaux) qui sert de fertilisant à l’agriculture dans le monde entier. »

Mais le phénomène climatique El Nino, qui pousse les anchois et les poissons à migrer vers des eaux plus profondes et donc inaccessibles, est l’un des principaux dangers qui guette le pélican thage. Des pêcheries industrielles pratiquant des captures massives de poissons ont, également, contribué à une diminution importante des proies.

Le pélican thage est, aussi, souvent victime de braconniers qui le tue pour la commercialisation de sa viande. Même si elle est encore assez importante (entre 400.000 et 500.000 individus), cette espèce est considérée comme « presque menacée » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

Pratique. Le musée des beaux-arts et d’histoire naturelle de Châteaudun est ouvert du lundi au vendredi, sauf le mardi, de 9 à 12 heures et de 13 h 30 à 17 heures, les week-ends et jours fériés, de 14 à 17 heures. Tarifs : 2,60 € et 4,30 €. Gratuit jusqu’à 18 ans inclus.

Frédéric Levent

 
 

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