Vizcarrazo après 27 ans de fujimorazo

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Le 29 septembre 2019, 27 ans après le Fujimorazo, le Président Martîn Vizcarra dissout le Congrès discrédité de la République péruvienne, avec un appui égal ou plus populaire, sous la même promesse : démocratiser le Pérou.

source : www.telesurtv.net

Qu’est-ce qui a changé au Pérou à 27 ans du Fujimorazo ?

Alberto Fujimori, tirant parti du sentiment providentiel des secteurs péruviens qui y voyaient son messie tant attendu, après la dissolution du Congrès, envoya rédiger et promulguer l’actuelle Constitution politique de l’État (1993) qui a servi et sert de statut pour l’implantation du système néolibéral dans le pays andin, sans plus grande résistance populaire.

Près de trois décennies après l’entrée en vigueur de la Constitution, la quasi-totalité du Pérou a été privatisée et la corruption est devenue la norme dans l’administration publique. Dans la mesure où tous les anciens présidents du Pérou néolibéral, en comptant depuis Fujimori, sont soit emprisonnés et/ou poursuivis en justice pour des infractions de corruption. Garcia préférait le suicide à la prison.

Vingt-sept ans plus tard, la promesse de la démocratie (synonyme de droits) n’est jamais parvenue aux grandes majorités démographiques du Pérou. Dans plusieurs régions du pays, le nombre de ménages vivant dans la pauvreté et sous-alimentés est égal ou supérieur à ce qu’il était il y a 27 ans. La quasi-totalité du territoire péruvien a été cédée aux sociétés transnationales en vue de leur exploitation. Le Pérou chargera et chargera des enfants de plomb, des rivières, des lacs et des sols morts.

En 27 ans de néolibéralisme, l’État péruvien s’est pratiquement transformé en une gendarmerie privée qui escorte les agents des sociétés transnationales dans leurs incursions incohérentes pour piller les territoires autochtones et paysans du pays.

Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté au Pérou au cours des trois dernières décennies, mais l’État ne représente que 7 % du PIB. La richesse vient des entreprises, la pauvreté des Péruviens. Une douloureuse réalité.

Près de trois décennies plus tard, la péruvienne, de nouveau euphorique, applaudit et se contente d’un autre cirque politique de mauvais goût : le biscuit. Sans remettre en cause le système néolibéral, encore moins oser présenter collectivement une proposition post-néolibérale, et post-État créole corrompu et échoué.

Et ainsi, le Pérou, encore une fois, comme dans le mythe de Sisyphe, des décennies après avoir fêté avec éclat le biseautage devra pousser vers le haut avec les conséquences néfastes du système néolibéral et de l’échec du bicentenaire État créole.

Les peuples et les secteurs du Pérou, une fois de plus, ont une occasion historique de faire une inflexion déterminante, et oser penser et construire le Pérou de toutes les nationalités par le biais d’un processus d’Assemblée constituante plurinationale pour concevoir et construire l’État plurinational de tous les sangs (comme dirait Arguedas).

La gangrène dont souffre l’État créole péruvien corrompu est trop avancée pour tenter de remédier par des processus électoraux traditionnels ou des réformes institutionnelles superficielles. Le pays a besoin d’une vision politique élargie et plurinationale, concrétisée par une constitution politique plurinationale.

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